Construit par la famille de Coëtlosquet pendant la Première Annexion en réaction à l’architecture prussienne, le château de Mercy, près de Metz, porte encore des marques d’impacts sur ses façades. Celles-ci proviennent du violent bombardement américain du 19 septembre 1944.

Situé derrière le château de Mercy, le fort de Mercy, qui était le plus puissant des trois ouvrages qui constituaient le groupe fortifié La Marne, abritait des centaines de munitions et d’ogives de torpilles en cuivre qui avaient été saisies par les Allemands dans l’arsenal de Toulon en novembre 1942. Les Nazis commencèrent à rapatrier ces ogives dans le Reich le 6 juin 1944. Un millier d’entre elles furent expédiées depuis Metz, à raison de six par camion. Le 16 septembre, des dizaines de membres d’une division SS (Schutzstaffel) venus du front de Normandie s’installèrent au château de Mercy. Trois jours plus tard, vers 17h45, un chasseur-bombardier américain P-47 Thunderbolt qui survolait le secteur aperçut deux camions chargés d’explosifs dans la cour du fort de Mercy et les prit pour cible. Les véhicules explosèrent. L’onde de choc atteignit les 1 500 ogives entreposées dans les sous-sols du fort qui explosèrent à leur tour et pulvérisèrent complètement le fort. A tel point que s’était formé un gigantesque cratère. Le souffle de cette seconde explosion avait projeté des corps déchiquetés dans les arbres aux alentours. Non loin de là, le bunker qui faisait office de poste de police et de logement pour plusieurs soldats de la marine de guerre allemande s’effondra sur ses occupants.

Plusieurs jours après le bombardement, les pionniers allemands du Génie de Metz continuaient toujours de dégager des corps des décombres. Au total, 70 SS et onze marins de la Kriegsmarine furent tués et des dizaines de soldats furent blessés. Les restes de plusieurs défunts seraient toujours ensevelis sous des tonnes de béton sur le site. Depuis, la nature a repris ses droits et l’immense cratère s’est en partie comblé.



N’oublions pas que la quasi totalité du récit du » Bombardement de l’Ouvrage de Mercy « , provient du témoignage écrit de Monsieur Gilbert KESSE de Peltre. Son père Julien était chef-responsable du Secteur Fortifié de la Rive droite de la Moselle et c’est d’ailleurs à ce titre qu’il fut maintenu par les autorités nazies dans ses fonctions en 1940.
Aussi Gilbert » à l’écoute » eût les informations de source sure. Il avait d’ailleurs TRANSMIS ce récit , dès 1991, dans un article qui était paru dans le Bulletin Municipal de Peltre : » Les Mémoires de ( son ) père » ( BM 06 / 91 ) .
Un autre article sur ses » Souvenirs d’un jeune habitant de Peltre sur les dernières semaines avant la Libération « paru dans le BM de Juin 1992.
Qu’il en soit encore remercié.
Gilbert nous a quitté le 18 septembre 2025 à l’âge de 96 ans.
L’histoire des fortifications, de la bataille de Metz et de ses forts, disponible sur ce site : http://www.lfem.fr
Bonjour merci pour ma photo mais mon nom est STEIMETZ , sympa le reportage , pour plus d’info il y a chateaudemercy.com.