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Immersion dans l’enfer de Verdun au Fort de Vaux

En immersion dans les entrailles du Fort de Vaux (Crédits photo : Nouhaila Nabil -Tourisme Grand Verdun)

Fermé depuis juillet 2025, le Fort de Vaux a dernièrement rouvert ses portes aux visiteurs avec une façade dégagée, une billetterie aménagée à l’extérieur, une nouvelle scénographie et un nouveau parcours de visite à l’occasion du 110ème anniversaire de la Bataille de Verdun.

Haut lieu de mémoire de la Première Guerre mondiale, le Fort de Vaux fait partie des sites incontournables du champ de bataille de Verdun. Classé Monument Historique depuis 1970, il vient de bénéficier d’une refonte complète de son parcours de visite pour la première fois depuis son ouverture au public il y a un siècle. La nouvelle scénographie immersive a été conçue par des historiens et des muséographes, afin de renouveler l’expérience des visiteurs en les emmenant dans les pas des combattants tout en préservant l’authenticité des lieux. Témoin de l’enfer que fut Verdun et vestige de l’intensité des combats, le Fort de Vaux garde encore les stigmates des affrontements qui opposèrent les soldats français et allemands lors du siège du fort, du 2 au 7 juin 1916, et de la pluie d’obus qui s’abattit sur ses murs.

Fort de Vaux
Le Fort de Vaux se situe en zone Natura 2000 (Crédits photo : Guillaume Ramon – Meuse Attractivité)

Après s’être engouffrés par l’entrée qu’empruntaient les soldats et s’être enfoncés sous le béton quelques marches plus bas, les visiteurs se retrouvent directement en immersion. Rien n’a été laissé au hasard, malgré les contraintes liées au classement du site, au fait qu’il se trouve en zone Natura 2002 et qu’il abrite des espèces protégées de chauves-souris. On retrouve par exemple le Commandant Raynal et les pigeons voyageurs dont, le fameux Vaillant, dernier messager du fort. L’histoire se révèle au fil des salles, à l’image du poste de secours et des poilus qui jalonnent les couloirs. Du soin a été apporté au moindre détail pour mieux refléter l’atmosphère de juin 1916. En témoigne la lumière des lampes qui vacille au rythme du bruit des obus qui tombent. Le nouveau parcours de visite restitue ainsi les conditions de vie et de combat des hommes qui ont tenu le fort pendant l’une des batailles les plus marquantes de la Première Guerre mondiale grâce à la présentation d’objets historiques, aux témoignages rapportés et aux dispositifs multimédias innovants. Des systèmes d’écoute par conduction osseuse et des projections audiovisuelles viennent encore enrichir l’immersion des visiteurs sans altérer la perception du monument historique. De quoi exprimer l’indicible intensité des combats et du siège de juin 1916 qui a conduit à la prise du Fort de Vaux par les Allemands, avant qu’il ne soit repris par les Français en novembre de la même année.

objets historiques Poilus
Présentation d’équipements de Poilus (Crédits photo : Nouhaila Nabil – Tourisme Grand Verdun)

Après trois ans de travaux et un investissement de cinq millions d’euros, la mise en scène et la réouverture du Fort de Vaux s’inscrivent dans la stratégie de valorisation du champ de bataille de Verdun engagée depuis le transfert de la gestion des Forts de Vaux et de Douaumont au Mémorial de Verdun en 2022. L’idée est en effet de renforcer l’attractivité de ces sites majeurs du tourisme de mémoire en Lorraine tout en améliorant les conditions de visite et de compréhension de leur histoire. Après la restauration du Fort de Vaux pour restituer le point de vue français, les travaux doivent désormais s’attaquer à la rénovation du Fort de Douaumont pour exprimer le point de vue allemand.

Fort de Vaux site
Le parcours de visite du Fort de Vaux a été entièrement revu (Crédits photo : Anaïs Cheny – Mémorial de Verdun)

Rédigé par Thomas RIBOULET

Président-fondateur du Groupe BLE Lorraine et Rédacteur en Chef de BLE Lorraine.

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2 Commentaires

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  1. Ayant visité ce monument, je ne peux qu’être ravie des efforts effectués pour redonner vie à ces soldats qui se sont battus pour donner un sens à cette guerre : « faire face à l’adversaire, ne pas céder pour la France ». Honneur et Patrie avaient un sens à ce moment là. Les récits des batailles qui ont jalonné les différents sites entourant Verdun ont permis de tenir, de reprendre certains postes et grâce au courage et à la volonté de tous ces hommes de gagner cette guerre. Merci à ceux qui préservent ces histoires dans l’Histoire et surtout cette mémoire.

  2. Le Fort de Douaumont… Le Fort de Vaux… Je suis la petite fille du Commandant Paul Emile GISQUET né à Grand Verneuil. Grand-père était prisonnier au Fort de Vaux et au Fort de Douaumont avec le futur Général de Gaulle. Ils ont fait tous les deux plusieurs tentatives d’évasion. Grand-père s’est retrouvé prisonnier en Sibérie. La troisième tentative d’évasion de ce camp fut la bonne. Il a couru jusque dans le Nord de l’Italie où il a retrouvé un « compagnon » (je n’en sais pas plus). Il a rejoint ensuite le Général de Gaulle. Ils ne se sont plus quittés d’une certaine façon. Grand-père a fait partie des Douanes militaires. Il était en fait espion, il avait subi un entraînement très spécial. Lors de la seconde guerre mondiale, il a également rempli des fonctions d’espionnage. Je n’en sais pas plus, évidemment. Il était dans l’Armée secrète. Il avait organisé la résistance sur l’ouest de la France. Son action était vraiment secrète : je n’en sais pas plus. C’est seulement à grand-père que le Colonel allemand a voulu rendre les armes à Foix. Je les ai tenues entre mes mains. Il a fini ses jours à Beaulieu sur Dordogne dans une maison prêtée par quelqu’un. Il était entouré en permanence. Monsieur Bigeard est venu lui rendre visite mais grand-mère ne l’a pas laissé entrer. Toutefois après cette visite, mes grands-parents ont déménagé très vite pour un appartement dans lequel des travaux ont été vite exécutés. Avant le déménagement, des papiers ont été très vite emportés. Il n’y avait pas d’accès direct jusqu’à grand-père qui était armé en permanence. Des personnes un peu spéciales gravitaient en permanence autour de lui.
    A Foix, c’est seulement à grand-père que le Colonel allemand a voulu rendre les armes : à personne d’autre. Les Fuxéens se souvenaient de grand-père avec grande émotion et l’aimaient beaucoup. Malheureusement, lors des commémorations je ne sais pas si grand-père est cité ? Il est vrai que comme il parlait couramment allemand lors de ses échanges avec le Colonel allemand, des gens l’ont peut-être mis en doute ? J’ai donné les photographies du parachutage de Monsieur Bigeard à Foix au musée de Bordeaux. Je sais que grand-père était espion et qu’il était dans l’armée secrète mais je ne sais rien de plus. De toute façon à la sortie du lycée, un monsieur a foncé sur moi et m’a démolie, c’était quelque temps après la mort de mon grand-père adoré… Mon handicap est invisible mais il est bien réel et grave… Je suis contente de témoigner. Grand-père était né à Grand Verneuil : je ne sais pas s’il existe une maison familiale ? Je vous remercie d’entretenir la mémoire, Brigitte Gisquet

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