A Arnaville, la chapelle du Pallon, dédiée à Notre-Dame du Mont Carmel, fut construite dans un style gothique au XVème siècle. Sa nef fut agrandie au début du XVIIIème siècle pour d’accueillir la population grandissante du Pallon. Une statuette dite de « la Vierge au sureau » y était vénérée. Selon la tradition, elle aurait été découverte à l’endroit où fut bâti cet édifice religieux.
Ce sanctuaire ne possède pas une aussi grande renommée que la basilique Notre-Dame d’Avioth. Et pourtant, pendant des siècles, la chapelle Notre-Dame du Mont Carmel fut utilisée pour obtenir des répits. La Vierge était alors implorée, afin de ramener à la vie, pour un court instant, des enfants mort-nés dans le but de les baptiser pour leur permettre d’entrer dans la communauté chrétienne et ainsi de rejoindre le paradis. Ce court retour à la vie leur évitait d’errer éternellement dans les limbes, monde de l’au-delà situé entre le purgatoire et le paradis, aux marges de l’enfer.

En ces temps anciens où la croyance et la pratique religieuses étaient très vivaces, la mort d’un enfant né sans avoir pu être baptisé était alors un véritable traumatisme pour les parents. Car n’étant pas officiellement chrétien, le nouveau-né ne pouvait pas être inhumé dans la terre sacrée du cimetière. Au mieux, le petit corps était enterré dans un endroit non consacré de la nécropole.

Entre 1674 et 1700, l’abbé Antoine Beauguide, curé d’Arnaville, nota les décès de deux enfants mort-nés, des garçons, dans les registres paroissiaux. Ce fait était exceptionnel car il était rarement précisé l’âge des défunts. Ces décès étaient par conséquent considérés comme de véritables tragédies. Au début du XIXème siècle, des mères y venaient encore avec leurs enfants malades ou infirmes, afin d’obtenir leur guérison.
L’intérieur de la chapelle se trouvant dans un état déplorable à l’issue de la Première Guerre mondiale, Théophile Harang, adjoint de la commune qui fit office de maire lors de l’occupation allemande, en entreprit le nettoyage en 1919, bouchant les fissures et grattant les anciens badigeons qui couvraient les vieilles pierres tombales. Il gratta également avec précaution, centimètre par centimètre, le maître autel dédié à la Vierge, qu’il repeint ensuite.

L’église Saint-Etienne n’étant plus utilisée depuis la tempête de 1999, la chapelle du Pallon accueille désormais tous les offices religieux célébrés à Arnaville.
