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Saint-Nicolas d’été en Lorraine

Procession de la Saint-Nicolas d'été dans les rues de Saint-Nicolas-de-Port (Crédits photo : Thomas RIBOULET pour le Groupe BLE Lorraine)

Les Lorrains le savent bien. Saint Nicolas, leur bon patron, est fêté chaque 6 décembre avec forces cadeaux, défilés et processions. Une fête unique, que d’aucuns considèrent, à juste titre, peut-être, comme le point d’orgue de l’année lorraine. Ce qu’ils savent moins en revanche, c’est qu’une deuxième Saint-Nicolas a pris place dans le calendrier local. Méconnue, presque secrète, la Saint-Nicolas d’été, comme on l’appelle, est fêtée le 9 mai, anniversaire présumé du transfert des reliques du saint depuis Myre jusque Bari, en Italie. Toutefois, à Saint-Nicolas-de-Port, c’est le Lundi de Pentecôte qu’est traditionnellement célébrée la Saint-Nicolas d’été.

Pour bien comprendre l’origine de la célébration, il faut remonter, un peu, le cours du temps. Nous sommes au Moyen-âge. Face aux menaces de vandalisme que les Turcs font alors planer sur l’Empire byzantin, des marchands italiens décident de ramener les reliques du saint évêque de Myre dans leur ville d’origine. Cela se passe le 9 mai 1087. Les restes de Saint Nicolas franchissent la Méditerranée et finissent donc à Bari, dans les Pouilles, au Sud de l’Italie. Dès lors, la petite ville devient un important lieu de pèlerinage et se met à attirer les foules. Un pèlerin lorrain, Aubert de Varangéville, profita de son voyage à Bari pour ramener sur les rives de la Meurthe une phalange du saint évêque. La relique, aujourd’hui conservée à Saint-Nicolas-de-Port, deviendra un important objet de vénération chez les fidèles lorrains.

Bari
Eglise Saint-Nicolas de Bari (Crédits photo : Berthold Werner)

Imitant les Italiens de Bari, les Lorrains ont donc choisi de célébrer le transfert des reliques de leur saint patron chaque 9 mai. Cette Saint-Nicolas d’été semble avoir joui, dans le passé, d’une certaine importance. A Munster par exemple, petite localité située près de Sarrebourg et dont l’église principale est placée sous le patronage de Saint Nicolas, une importante foire se tenait chaque 9 mai, à l’occasion donc de la Saint-Nicolas d’été. Aujourd’hui, la fête est un peu tombée aux oubliettes et force est de reconnaître que nombre de Lorrains la méconnaissent. Quelques-uns pourtant continuent d’organiser, chaque Lundi de Pentecôte, une messe solennelle dans la basilique de Saint-Nicolas-de-Port, située à une quinzaine de kilomètres au Sud de Nancy.

La Saint Nicolas d’été n’a donc jamais eu ni le lustre ni l’ampleur de sa parente du 6 décembre. Cela peut se comprendre. Mais il n’empêche que cette fête, derrière son caractère encore confidentiel, reste une preuve touchante de l’indéfectible attachement des Lorrains envers leur saint patron.

Rédigé par Kévin GOEURIOT

Historien de la Lorraine, écrivain et professeur d’histoire-géographie pour le Groupe BLE Lorraine.

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Un Commentaire

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  1. Le lundi de Pentecôte, la Saint-Nicolas d’été.

    Aussi loin que peut remonter la mémoire des Portois (habitants de Saint-Nicolas-de-Port), ceux-ci se souviennent avoir toujours fêté la « Saint-Nicolas d’été ». Leurs parents et arrière-grands-parents le faisaient déjà.

    Si à Bari en Italie on célèbre avec grand faste la translation des reliques de saint Nicolas le 9 mai, à Saint-Nicolas-de-Port cette commémoration a été arbitrairement décidée par les ducs de Lorraine au lundi de Pentecôte.

    Du temps de Mathieu II, duc de Lorraine, une foire et le pèlerinage se déroulaient le 9 mai. Mais à la fin du XVIe siècle il est question de deux foires franches à la Pentecôte et à Noël. Le duc Charles III les fixe à une durée de quinze jours chacune. Les malheurs de la guerre de Trente Ans supprimèrent ces foires.
    Après la période Révolutionnaire, une fois les choses calmées, la Pentecôte et le 6 décembre retrouvèrent leur raison d’exister sans toutefois l’éclat des fêtes du passé.

    Cependant pour les Portois, il semblerait que le lundi de Pentecôte, plus que la translation du 9 mai 1087, ce soit le «Pieux larcin » d’Aubert de Varangéville qui soit commémoré. Mais tout cela est bien confus dans l’esprit des Portois et des pèlerins puisqu’on remarque la présence du sire de Réchicourt, le prisonnier croisé miraculeusement délivré par saint Nicolas mais aussi de Jeanne d’Arc venue à Saint-Nicolas en février 1429, représentée par une jeune portoise dans la célébration du lundi de Pentecôte alors qu’elle ne figure pas au pèlerinage du 6 décembre.

    Au cours de ces deux dates de pèlerinage on retrouve les mêmes bannières et reliques et le cantique « A Saint-Nicolas » est entonné.

    Parallèlement à la fête religieuse se tient la fête foraine avec ses manèges, ses attractions, ses tirs, ses loteries et ses confiseries déroulées depuis la place de la République et le long de la rue Jolain.

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