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Ma Croix de Lorraine

Croix de Lorraine (Crédits photo : Aimelaime)

« Oh ! Bah vous alors, vous êtes un vrai Lorrain ! », m’a dit, dimanche dernier, une dame qui avait remarqué la petite Croix de Lorraine argentée qui pend à mon cou, depuis quelques années. « Absolument ! », ai-je alors répondu. « Lorrain, et fier de l’être ! » Et la conversation s’est arrêtée là. Hélas … Je note hélas car, en vérité, j’aurais beaucoup aimé développer le propos et expliquer à cette dame les raisons que me poussent à arborer ce bijou pour le moins original.

N’en déplaise aux Gaullistes, ma Croix de Lorraine n’a rien de politique. Ses deux traverses sont quasiment d’égales longueurs, ce qui n’est pas le cas de la croix des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI). La Croix de Lorraine que je porte à mon cou m’a été offerte par mon père, qui m’a assuré l’avoir dégottée sur une brocante, dans la Meuse, quelque part entre Verdun et Fresnes-en-Woëvre. Je sais que, durant la Grande Guerre, certains Poilus arboraient ce type de bijou, un peu comme d’autres se parent de quelques amulettes censées attirer la fortune ou la félicité. Je sais aussi que durant l’Annexion, nombre de bijoutiers, d’artistes et d’artisans s’étaient mis à fabriquer des objets d’inspiration lotharingistes. Bagues, broches, vases et boucles d’oreilles : tout ou presque a été orné de croix à double traverse, de chardons et d’Alérions plus ou moins stylisés.

Ma Croix de Lorraine, elle est un peu tout cela à la fois. C’est un symbole. Un condensé de l’histoire même de ma région. C’est un message aussi, que j’arbore avec fierté et que je m’efforce de distiller autour de moi, à toutes les personnes qui regardent la petite chaîne qui pend à mon cou. Car cette petite Croix de Lorraine, avec ses deux traverses, est d’une certaine manière deux fois plus lourde à porter qu’une croix latine traditionnelle. Peut-être parce que les Lorrains, dans leur histoire chahutée, ont eu à vivre deux fois plus de misères que ces peuples qui vivent loin des frontières. Ma Croix de Lorraine, en somme, est simplement là pour me rappeler, à l’instar de l’histoire même de la province qu’elle représente, que si la vie réserve parfois quelques mauvais coups, il n’est aucune épreuve qui ne puisse, tôt ou tard, être surmontée.

Rédigé par Kévin GOEURIOT

Historien de la Lorraine, écrivain et professeur d’histoire-géographie pour le Groupe BLE Lorraine.

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