L’Evêché de Metz se tient Place Sainte-Glossinde, dans les bâtiments de l’ancienne abbaye du même nom. Celle-ci, construite au VIIème siècle, a été maintes et maintes fois remaniée. C’est ce qui explique les différents styles architecturaux que nous pouvons observer. Ce que retient le visiteur, c’est l’impression d’un labyrinthe, d’un véritable dédale lumineux et spirituel. Les différents bâtiments s’emboîtent en effet les uns dans les autres. Derrière les cours, se cachent des jardins secrets et bien entretenus. Tout est de même taillé pour atteindre les cieux. Après avoir brossé ce bref portrait de l’Evêché, partons maintenant à la découverte de ses trésors.

A l’étage, ce dernier recèle une magnifique toile qui orne le couloir d’accès aux bureaux administratifs. Avant, c’était là que les sœurs avaient leurs cellules. La peinture, dont l’auteur nous est inconnu, date du XVIIème siècle. On peut y apercevoir Saint Clément et le Graouilly. La scène se passe au Col de la Croix Saint-Clément. En s’approchant lentement du tableau, on y voit de gros navires remontant la Seille, qui était certainement bien plus large qu’aujourd’hui. Outre ses cours et son cloître, l’Evêché abrite la salle du tribunal ecclésiastique, renommée Officialité, censée trancher les litiges entre membres de l’Eglise. Cette salle renferme de bien belles boiseries, malheureusement en triste état. Le pilier central présente encore son doré. Deux demi-lunes peintes avaient été récupérées par les Monuments Historiques, afin d’être étudiées. Enfin, dans la cour principale, on peut apercevoir un mur et un vitrail de la chapelle Sainte-Gengoulf.

Mais le trésor incontestable de l’Evêché de Metz reste l’abbatiale Sainte-Glossinde, exemple unique d’édifice rococo dans la cité trois fois millénaire. Sa nef, très courte, était réservée aux moniales. Le transept accueillait quant à lui les laïcs. Le décor sculpté est très raffiné. L’œuvre la plus remarquable de la chapelle est sans nul doute la fresque de la coupole peinte par Girardet, artiste au service du Stanislas. Malheureusement, là aussi, la coupole et ses peintures auraient besoin d’être restaurées d’urgence. Comme partout, l’argent manque.

A noter enfin que le mobilier, à savoir, autel, baldaquins, confessionnaux, statues, etc. est tout aussi remarquable. On peut même encore lire les épitaphes funéraires de quatorze religieuses dans la crypte. Une partie des caves est d’ailleurs constituée de cryptoportiques gallo-romains. Ces derniers ont certainement servis d’entrepôt. L’autre partie a été aménagée comme abris durant la Seconde Guerre Mondiale.

