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La légende de Mademoiselle de Turmel de Metz

Il y a quelques siècles de cela vivait à Metz une jeune fille fort belle et respectée et que l’on désignait sous le très noble nom de Mademoiselle de Turmel. Elle était la fille du Maître-Echevin et se destinait à prendre pour époux un fringuant officier de cavalerie qui faisait alors son service dans l’une des casernes de la ville. L’avenir, assurément, souriait aux deux fiancés et tout le monde, en ville, ne parlait déjà plus que de leur prochain mariage.

Or, un soir, Mademoiselle de Turmel fut particulièrement inquiète de ne pas voir arriver son charmant fiancé. Installée dans un confortable fauteuil, près de la cheminée monumentale qui garnissait le salon de l’hôtel particulier des Turmel, la jeune femme se faisait un sang d’encre en ne voyant pas arriver son bien aimé. Le dîner allait être servi et celui-ci était en retard. Ce qui n’était absolument pas dans les habitudes de l’officier. Huit heures sonnèrent. Le galant était toujours absent. A neuf heures, Mademoiselle de Turmel, qui avait préféré ne pas toucher aux plats que les domestiques avaient soigneusement préparés, alla s’installer près d’une fenêtre d’où elle pouvait surveiller la rue et les rares passants qui s’y promenaient encore. Elle espérait apercevoir son futur mari. Mais les sabots qu’elle entendait résonner sur le gras pavé messin n’étaient jamais ceux du cheval du bien-aimé. Onze heures sonnèrent. Le cœur de la jeune fille se serrait toujours plus. A la fin, elle finit cependant par s’endormir.

Pont Saint Georges
Le Pont Saint-Georges à Metz (Crédits photo : Mossot)

Le lendemain matin, d’honnêtes marchands vinrent frapper à la porte de l’Hôtel de Turmel. On vint annoncer à la maisonnée qu’on venait de retrouver dans un bras de la Moselle le corps sans vie du capitaine de cavalerie. En apprenant cette nouvelle, Mademoiselle de Turmel s’effondra. Son galant avait été détroussé par des brigands, assassiné et jeté dans la rivière, au-dessus du Pont Saint-Georges.

Afin de prévenir pareils actes, le père de la jeune femme qui était, comme on l’a dit, Maître-Echevin de la ville, décida de garnir les principaux carrefours de la ville de grandes lanternes. Il décida aussi de faire fondre une cloche, qui sonnerait le couvre-feu et rappellerait aux Messins la nécessité de rester prudent une fois une certaine heure sonnée. On raconte que dans le bronze de cette cloche, à laquelle les Messins ont donné le nom de Mademoiselle de Turmel, la jeune fille aurait jeté son anneau de fiançailles.

Rédigé par Kévin GOEURIOT

Historien de la Lorraine, écrivain et professeur d’histoire-géographie pour le Groupe BLE Lorraine.

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