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Petite histoire de Volmerange-lès-Boulay

L'église de Volmerange-lès-Boulay (Crédits photo : Google Street View)

La Société d’Histoire et d’Archéologie des Pays de Nied (SHAN) est née en 1983. Cette section locale, créée par la Société d’Histoire et d’Archéologie de Lorraine (SHAL), regroupe amateurs et passionnés d’histoire locale. Elle vient de sortir les numéros 73 et 74 de ses Cahiers des Pays de Nied. 49 monographies communales, dont celle de Volmerange-lès-Boulay, viennent également d’être publiées.

Village de près de 600 habitants, situé à 25 kilomètres à l’Est de Metz et à deux kilomètres de Boulay-Moselle en bordure de la Nied, Volmerange-lès-Boulay est l’une des communes les plus dynamiques du secteur. Celle-ci est d’ailleurs connu pour sa distillerie, son atelier de jus de pomme et son lavoir.

Son existence est attestée dès 1147 sous la forme de Wolmeringa. Mais le site a été occupé bien avant puisque les archéologues y ont trouvé les restes d’un habitat pouvant remonter à l’âge du fer, période du Halstatt (- 700 à – 450 avant Jésus-Christ). Des traces d’une villa gallo-romaine, vers Helstroff, au lieu-dit Buss, ont aussi été repérées.

Au début, les sires de Volmerange se mirent au service de la cité de Metz, ce qui n’empêcha pas les Messins, venus mettre le siège devant Boulay, de piller Volmerange en passant pour ne pas repartir bredouilles. A la suite de différentes cessions, le village fut ensuite partagé entre l’Evêque de Metz, le Comte de Luxembourg et le Duc de Lorraine. La seigneurie de Volmerange fut par la suite acquise par le seigneur de Boulay.

Initialement, la paroisse était une annexe de celle de Condé-Northen. Les XVIIème et XVIIIème siècles furent des temps de combats juridiques rudes pour obtenir le détachement de l’église-mère sous prétexte d’éloignement et de ruisseau infranchissable, mais aussi et surtout pour cause de différence de langue. Volmerange obtint gain de cause en 1750. Le ban du village a connu trois lieux de culte : la chapelle Saint-Jacques, sur la côte qui domine le bourg, la chapelle Sainte-Marguerite, près du hameau disparu de Bengen, et la chapelle du village. La situation de l’église actuelle, construite en 1730 et restaurée en 1774 posait un problème. Une maison voisine ne laissait en effet qu’un mètre pour y pénétrer, gênant les processions et les funérailles. La commune l’acheta pour la détruire, améliorant ainsi le passage. L’édifice abrite de magnifiques orgues Dalstein-Haerpfer qui datent de 1899. Parmi les curés de la paroisse, François Hilgert exerça comme prêtre réfractaire à la révolution. Il fut déporté vers les pontons de Rochefort, d’où il fut relâché en 1795. Ayant repris son ministère clandestinement, il fut arrêté à nouveau et détenu jusqu’en l’An VIII, mais ne revint à Volmerange qu’en 1802. 

A la frontière linguistique 

Une des particularités, dont se targue encore Volmerange, est d’être situé à la frontière linguistique. Jean-Marie Blanc, l’historien du village, émet l’hypothèse que cette situation résulterait d’un don de l’Empereur germanique Henri II à l’Evêque de Metz d’un domaine ayant comme limite la Nied allemande, entre Créhange et Condé-Northen. Frontière linguistique oblige, les noms de lieux-dits se réfèrent indifféremment au français et au Platt. Depuis 1620, les enseignants de Volmerange ont laissé des écrits. La « Schulchronik » a ainsi été retrouvée. Il s’agit de la chronique de la vie de l’école et du village que devait obligatoirement tenir l’instituteur pendant la période d’Annexion. Cette chronique narre aussi bien la vie en période de guerre, avec la joie des victoires et le silence des défaites, les réquisitions de plus en plus lourdes et, progressivement, le découragement.

Avant 1802, la population de Volmerange est mal connue. Depuis cette date, les divers recensements décomptent jusqu’à 496 habitants (un maximum) en 1836, puis une lente érosion, 204 habitants en 1954, 197 en 1975 et enfin une vigoureuse remontée avec 547 habitants en 2008. En 1836, on recensait 17 tisserands, huit cordonniers, neuf coutumières et 23 vignerons.

Chemins et moulins 

L’entretien des chemins a, semble-t-il, été un problème important pour la municipalité. Le ban n’avait aucune carrière et les charrois destinés à d’autres communes passaient sur les chemins de Volmerange. La commune devait aussi se préoccuper d’entretenir le pont sur la Nied. Elle avait deux moulins : l’un sur le ruisseau de Macker et le second sur la Nied, plus exactement sur un canal de dérivation venant de la Nied, ce qui entraîna plusieurs années de litiges entre les meuniers et la commune. L’exploitation du moulin cessa vers 1900.

Le sobriquet donné aux habitants de Volmerange était les « Niedschwin ». Il se rapportait non pas à leur malpropreté mais à leur tendance à lésiner en affaires. Pourtant, pendant longtemps, l’état du village permettait les deux acceptations. Mais depuis une vingtaine d’années, il est devenu un village propre et agréable, ce qui s’est traduit par un essor démographique exceptionnel.

Cahiers des Pays de Nied

Depuis sa création, la SHAN publie chaque année, en juin et en décembre, deux Cahiers des Pays de la Nied regroupant une soixantaine de pages sur l’histoire locale et tirés à 150 exemplaires. Ces Cahiers ont un certain rayonnement jusqu’à Toul, Sarrelouis, Sarreguemines et même la Sorbonne à Paris. Responsable de la publication, Robert Bajetti, guide à ses heures, est le fils de Paul Bajetti, la référence en matière d’histoire locale. « Je suis tombé très tôt dans la marmite de l’histoire », rappelle-t-il. Quant aux monographies communales, il fait appel à des contributeurs, férus de recherches et de découverte. Mettant un point d’honneur à publier des travaux historiques sur les cantons de Boulay et de Bouzonville, la SHAN présente, à chaque édition, son travail aux habitants des villages. 

Rédigé par Jean-Marie MATHE

Passionné de médias et correspondant local en Pays Boulageois pour le Groupe BLE Lorraine.

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