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En route pour 2 500 km à cheval

Viento devant la baie du Mont-Saint-Michel (Crédits photo : Bernard Seichepine)

Bernard Seichepine est ce qu’on appelle un véritable baroudeur. Début avril, il est parti de Narbéfontaine, à sept kilomètres de Boulay-Moselle, pour un périple à cheval de plus de 2 500 km. Un itinéraire étalé sur quatre mois pour une arrivée programmée le 2 août au Haras des Bréviaires dans les Yvelines, à l’occasion du 52ème « Equirando ».

Accompagné de Viento, son fidèle compagnon équin de dix ans, c’est un aventurier peu ordinaire qui a quitté le 4 avril dernier le petit village lorrain de Narbéfontaine pour entreprendre, durant quatre mois, un périple de 2 500 km.

Le baroudeur de Lorraine

Ses nombreux périples équestres lui ont valu le surnom de « baroudeur de Lorraine ». Les kilomètres à dos de cheval, il les enchaîne comme d’autres le font en voiture. Bernard Seichepine, 62 ans, retraité de la mine, conseiller municipal de Narbéfontaine, trésorier du foyer et grand marcheur, le cheval, il connaît : « Je suis à fond dedans ». Dès son plus jeune âge, à Elvange, avec son cousin, dont le père avait de nombreux chevaux à la ferme, il a déjà connu des chevauchées fantastiques. Puis, avec la famille, le travail et la maison, le cheval s’est éloigné. Mais, depuis les années 2000, il a vite repris sa place : rallyes, randonnées et « Equirando », le plus grand rassemblement européen de tourisme équestre. Pour Bernard, celui de Chalon-sur-Saône en 2004 constitua sa première expérience. Celle-ci en fut suivie de huit autres : Saverne (2006), Châteaubriand (2008), Vizille (2010), Le Pin au Haras (2012), Lignières (2013), Beaumont-de-Lomagne (2015), Bourg-en-Bresse (2017) et Rambouillet cette année, à l’occasion de sa 52ème édition. Pour se rendre à ces rassemblements, il ne choisit pas la ligne droite mais des détours car son but est de découvrir le plus de paysages possibles. Le tout en compagnie de son fidèle compagnon : d’abord Hombre, puis Viento depuis 2015, des « pures races » espagnols.

Découvrir la France

Le samedi 11 mai, en traversant la Seine, près de Rouen, Bernard a franchi le cap des mille kilomètres en cinq semaines. Il a chevauché à proximité de Metz, Charleville, Douai, Calais et Abbeville, évitant les grandes et les moyennes villes inintéressantes pour le cheval. « Je passe sur des sentiers, des petites routes, je cherche les ponts pour traverser les rivières », explique le cavalier, avant de se diriger vers Lisieux, le Mont-Saint-Michel et Quiberon et de rejoindre la Loire-Atlantique, Orléans et Rambouillet. Pour dormir, cet amoureux de la nature et du cheval se tourne vers les gîtes, les centres équestres et les fermes. S’il a dessiné les grandes lignes de son parcours, Bernard aime se laisser porter par les chemins. « Je prends une direction, mais sans forcément savoir où je vais. »

Seul objectif : arriver le jour J, soit le vendredi 2 août au Haras des Bréviaires, près de Rambouillet. La philosophie de ses périples est celle de la découverte et de l’émerveillement. « Je me fais plaisir en parcourant différentes régions. Les paysages, les couleurs, l’architecture des églises et des maisons. Des horizons qui changent au détour de chaque petit chemin. Je n’ai rien à prouver mais découvrir la France au pied du cheval, c’est super. J’ai le temps de savourer les paysages. Ce qui rend chaque période unique, ce sont aussi les rencontres », confesse l’aventurier de Narbéfontaine, à qui il manque aujourd’hui la traversée de trois départements : la Vendée, les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.

« Ma préoccupation première, le cheval »

Au tiers du parcours, le cavalier et sa monture sont en pleine forme. « Je tiens à ce que Viento ait un box pour pouvoir, comme moi, se reposer pleinement. Le matin, au départ à 9 h, il est vaillant. Je monte 1h30 puis je marche à ses côtés. Trente à quarante kilomètres en moyenne, sept à huit heures par jour, que du pas, pas de trot, ni de galop. Les trois quarts du temps, il est pieds nus mais j’ai dû le ferrer aux antérieurs car la corne n’était pas assez dure à cause de la météo. Je nous accorde un jour de repos tous les huit jours. Je dois prévoir la blessure du cheval. C’est dur de planifier un parcours à l’aventure et d’arriver à une date précise », explique le « baroudeur de Lorraine » qui ajoute : « Je pars vers l’inconnu, sans point de repère avec pour seuls guides, ma boussole, mon téléphone-GPS et les cartes départementales du calendrier des Postes. Viento porte 130 kg sur le dos, alors j’emmène le strict nécessaire, pas de superflu : habits, pharmacie, bourrellerie, bâche pour le cheval, batterie de secours, mais plus de tente depuis 2012. Car cette année-là, nous avons eu six semaines de pluie sur deux mois de périple. ».

Qui veut voyager loin ménage sa monture

Cette citation de Racine, Bernard l’a faite sienne : il a commencé sa préparation logistique dès que le choix de Rambouillet a été connu et surtout depuis son inscription en janvier. « Ce n’est pas rose tous les jours. Il faut se préparer à affronter les conditions climatiques et se forger à l’endurance. L’expérience permet d’éviter les pièges. Jusque-là, j’ai toujours réussi à me dépasser, oubliant météo et blessures », avoue ce chevalier des temps modernes qui exerce essentiellement son mental, prioritaire et impératif. Son souhait pour les prochaines semaines est d’arriver au bout sans casse.

« Bernard et Viento Equirando »

C’est le nom de la page Facebook (voir : https://www.facebook.com/groups/377303232381855/) suivie par plus de 1 100 personnes et gérée par Patricia de Narbéfontaine. « Je fais des randonnées avec Bernard, un très bon ami. Comme lui, j’aime les chevaux. Tous les jours, il m’envoie son point GPS et de belles photos. Je fais la carte de son trajet. Depuis la création de cette page, son parcours en a été facilité vu qu’il part sans itinéraire, les gens le suivent, l’accueillent chaleureusement et l’invitent. ». C’est Patricia qui sera chargée du rapatriement en Lorraine de Bernard et de Viento après le rassemblement de Rambouillet. Qu’en pense Annie, sa femme ? « Je ne suis pas spécialement angoissée, juste la larme à l’œil le jour du départ et de savoir qu’il va manquer des événements familiaux importants. Je suis rassurée en suivant sa page. La famille est fière de son parcours qui demande un mental d’acier pour continuer malgré les intempéries, les privations de sommeil, de nourriture ou de douche. Pour moi, impossible de m’imaginer faire un tel périple sans un minimum de confort. ».

Le 52ème « Equirando »

Plus de mille cavaliers venus de France, d’Italie, de Suisse, d’Allemagne, de Belgique, d’Espagne et du Maroc vont se retrouver pour le premier week-end d’août, près de Rambouillet, au Haras des Bréviaires, à l’occasion du 52ème « Equirando », le plus grand rassemblement européen de tourisme équestre. Cette manifestation festive bisannuelle qui existe depuis 1961 a pris ce nom en 1987. Elle est une incitation à la randonnée et à la découverte des régions par le chemin des écoliers au rythme du pas du cheval, une formule de liberté par excellence. Les participants doivent respecter trois impératifs, à savoir faire une randonner de plus de cent kilomètres, avoir un point de chute au Haras des Bréviaires et prévoir une arrivée dans l’après-midi du vendredi 2 août. En 2015, Bernard avait reçu le Prix du « randonneur au plus long cours ». Et avec Viento, ce sera leur troisième « Equirando » à dépasser les deux mille kilomètres.

Rédigé par Jean-Marie MATHE

Passionné de médias et correspondant local en Pays Boulageois pour le Groupe BLE Lorraine.

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