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Denisova, un film d’animation lorrain ambitieux

L'équipe de « Denisova » avec Arnaud à gauche, Brice au centre et Jonathan à droite (Crédits photo : Jean-Marie MATHE pour le Groupe BLE Lorraine)

Faire un film d’animation aujourd’hui, c’est au moins deux ans de préparation et un budget conséquent. Quand, en plus, c’est un conte musical préhistorique, cela se complique. Brice, Arnaud, Jonathan et toute une équipe motivée ont relevé le défi avec Denisova, un dessin animé sur les Dénisoviens, cousins des Hommes de Néandertal.

Mars 2010, une dent et une phalange fossilisées sont découvertes dans la grotte de Denisova à 3 300 mètres d’altitude en République Russe de l’Altaï, au Sud de la Sibérie. L’analyse de l’ADN ancien de ce petit os du doigt d’une petite fille ayant vécu voici 48 000 ans s’avère capitale dans l’histoire de l’Homme. Les Dénisoviens partagent des caractéristiques anatomiques avec l’Homme de Néandertal mais restent encore presque totalement inconnus du grand public. Passionné de préhistoire, profondément touché et inspiré par cette découverte, Brice Brouilhet-Laboissière, spécialiste en sécurité routière et compositeur passionné de Ludres, près de Nancy, décide de raconter cette histoire sous forme de poème symphonique. Après huit mois de travail, dont quatre semaines de composition, il a recours à l’orchestre symphonique « Gradus Ad Musicam » de Nancy dirigé par François Legée.

Brice, Arnaud et Jonathan : une rencontre capitale

Brice est la pièce maîtresse de Denisova. A la fois compositeur de la musique originale et auteur du script, c’est de son esprit qu’est né ce concept de raconter une histoire grâce à la composition musicale. Diplômé en 2014 du cursus « Musique de film » à la MAI (Music Academy International) de Nancy, ses compositions ont été repérées et utilisées par plusieurs professionnels, jusqu’à Hollywood. Rencontré lors d’un stage de récupération de points à Metz, il soumet son projet à Arnaud Sonntag. Originaire d’Ottonville près de Boulay, cette pointure dans le domaine du management artistique et de l’animation culturelle lui propose l’idée d’un dessin animé plutôt qu’une comédie musicale à l’origine. Sur les conseils de Jérôme Jacob, réalisateur, un ami commun, Jonathan Riggio est coopté pour la réalisation et le scénario lors de la première réunion de travail en juin 2018. Jonathan, autodidacte, est très éclectique dans son désir de créativité. Il écrit des scénarii et des spectacles, met en scène un opéra, joue dans des films, réalise des courts métrages. Une équipe motivée s’est ainsi constituée à partir des réseaux de chacun.

200 000 euros de budget au moins

« Si tout se déroule comme on le souhaite, Denisova sera présenté entre l’automne 2020 et le printemps 2021. Trois ans, c’est le délai normal pour mener à bien un projet de dessin animé. Pour le moment, on travaille sans filet, à cause des contraintes financières », rappelle Arnaud, le directeur artistique.

affiche Denisova

Avec un budget prévisionnel d’au moins 200 000 euros, un maximum de partenaires est indispensable. Deux modes de financement sont menés en parallèle : le crowdfunding ou financement participatif sur Ulule et le mécénat avec un objectif de 25 000 euros. S’ajoutent les fonds européens, d’où la traduction du dessin animé en anglais, allemand et espagnol et les institutionnels, SACEM, DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et collectivités territoriales. En fait, le succès du projet repose sur l’achat du dessin animé par une chaîne de télévision, France 5 et Arte et les importantes subventions du CNC (Centre National du Cinéma), dont la commission se réunit début juillet.

Caution scientifique du Musée de l’Homme

Il tenait particulièrement à cœur aux porteurs du projet que le dessin animé repose sur un très solide étayage scientifique. Une collaboration s’est instaurée avec Florent Détroit, maître de conférences au Musée de l’Homme à Paris pour toutes les questions relatives à l’environnement de l’Homme de Denisova. Mais surtout, l’équipe bénéficie de la direction scientifique de Marylène Patou-Mathis, directrice de recherche au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), une vraie référence internationale dans le monde de la préhistoire. Elle est la crédibilité scientifique du projet. « C’est une vraie victoire pour atteindre le réseau de l’Education nationale. Toutes les conditions sont réunies pour que Denisova devienne un outil pédagogique à haute valeur ajoutée », rappelle fièrement Brice qui ajoute : « C’est important aussi pour les financiers et les futurs diffuseurs ».

Trois épisodes de 26 minutes

Quant à l’équipe d’animation, elle est composée de trois étudiants, graphistes 3D, issus de Bellecour Ecole à Lyon, une référence pour les métiers de la création. Désireux de créer leur propre société, ils considèrent Denisova comme leur projet-vitrine, et, surtout, pour un coût moindre que les studios classiques. D’un film de quarante minutes au départ, il est devenu, à la demande d’Arte, une série en trois épisodes de 26 minutes qui nécessiteront six mois de travail à temps plein pour quatre. Pour dynamiser la narration et créer des moments d’accroche pour le spectateur, l’histoire de « Plume », la petite dénisovienne, sera introduite et ponctuée par des parties vidéo plus cinématographiques avec un grand-père et sa petite fille. L’équipe rêve pour la voix et le rôle du grand-père de bénéficier de la présence de Benoît Allemane, « doubleur » hors pair du cinéma français, notamment pour la voix de Morgan Freeman ou celle du Père Noël.

Rédigé par Jean-Marie MATHE

Passionné de médias et correspondant local en Pays Boulageois pour le Groupe BLE Lorraine.

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