Contrôles d’identité et routiers plusieurs fois par jour, rondes en voiture banalisée, ballet incessant de l’hélicoptère au moindre incident, etc., les habitants de Bure et des villages environnants supportent de plus en plus mal cette présence policière permanente. Un climat de défiance s’est installé.

La campagne du Sud meusien est devenue bien malgré elle le cœur de la contestation antinucléaire en France depuis que Bure a été désigné comme site d’implantation du projet de centre d’enfouissement des déchets radioactifs porté par l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs). La tension est encore montée d’un cran il y a quelques semaines après l’intervention de près de 150 militaires, gendarmes départementaux et mobiles à six heures du matin à la Maison de la résistance de Bure, dans un appartement de Mandres-en-Barrois, à Commercy et dans l’ancienne gare désaffectée de Luméville. A coup de pied de biche et d’armes bien mise en évidence, les gendarmes ont perquisitionné ces quatre lieux et ciblé délibérément les outils de communication des opposants. Ainsi, quarante ordinateurs, des disques durs, soixante téléphones portables et un photocopieur ont été saisis. Une centaines de douilles de grenades et des explosifs divers utilisés par les forces de l’ordre lors des incidents du 15 août 2017 ont également été retrouvés, tout comme, entre autres, des casques, des masques, des artifices de gros calibre, une douzaine de mortiers, cinq fusées de détresse, des fusées à tiges longues, des lance-pierres, une bouteille incendiaire, ainsi que 140 grammes de résine de cannabis dans des sachets plastique.

La violence de l’intervention a fait notamment réagir un responsable d’une association élus opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs à Bure qui a dénoncé des « actes policiers inqualifiables ». Les autorités envoient des gendarmes mobiles qui ne connaissent pas les habitants ni la région, alors même qu’elles ont récemment fermé la gendarmerie de proximité de Montiers-sur-Saulx située à quelques kilomètres de Bure. Pas étonnant pour certains que la situation dégénère alors. Faisant suite à ces perquisitions musclées, dont le but était de briser la dynamique des opposants, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées en guise de soutien dans différentes villes de Lorraine, comme par exemple à Bar-le-Duc, Nancy et Epinal.

Depuis, d’autres témoignages de sympathie aux résistants de Bure afflué de toute la France. Ceux-ci se sont notamment manifestés par des dons de matériel informatique et la création de comités de soutien. La stratégie de la peur menée par l’Etat français pourrait finalement produire tout l’effet inverse, d’autant plus que la plupart des villageois de Bure et de ses environs se rangent désormais du côté des opposants au centre d’enfouissement.

Retrouvez d’autres articles sur le projet de centre d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure sur BLE Fondation.

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