Classé Monument Historique le 27 décembre 1923, puis sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1983, l’Arc Héré, devant son nom à l’architecte lorrain Emmanuel Héré qui en dessina le plan, fût érigé, selon la volonté du Roi Stanislas Leszczynski, Duc de Lorraine et de Bar, entre 1753 et 1755 à la place de l’ancienne Porte royale, percée dans les anciens remparts lors de l’occupation française, du côté Nord de la Place Stanislas. Inspiré de l’arc de Septime Sévère, bâti sur ordre de cet empereur à Rome en 203, afin de célébrer ses victoires en Orient, notamment contre les Parthes, son thème principal est la guerre et la paix. Ainsi, sur la corniche, nous retrouvons les statues de Cérès, Minerve, Hercule et Mars.

Au centre de la corniche, l’acrotère porte le groupe de la Renommée composé de trois personnages en plomb doré. Au centre, le médaillon figurant Louis XV, Roi de France et gendre de Stanislas, soutenu à gauche par Minerve et à droite par une personnification de la paix. Derrière le médaillon, Fama, déesse romaine de la gloire, tient dans sa main gauche une trompette et dans sa droite une couronne de laurier. Sous ce groupe réalisé par Barthélémy Guibal, sculpteur nîmois passé au service des Ducs de Lorraine, une table de marbre noir porte les inscriptions latines : « Hostium terror / Foederum cultor / Gentisque decus et amor » signifiant « Terreur des ennemis / Artisan des traités / Gloire et amour de son peuple ». Ceci faisait allusion à la Bataille de Fontenoy remportée le 11 mai 1745 par les Français pendant la guerre de Succession d’Autriche contre les alliés autrichiens, néerlandais, hanovriens et britanniques, ainsi qu’au Traité d’Aix-la-Chapelle qui mit un terme en 1748 à cette guerre de huit ans, dont la Prusse, alliée de la France, sortit grand vainqueur.

Sous le bas-relief de gauche, nous pouvons distinguer l’inscription « Principi victori », c’est-à-dire « Prince des victoires », tandis que sous le bas-relief de droite, figure l’inscription « Principi pacifico », c’est-à-dire « Prince de la paix ». Elles glorifient Louis XV, Roi de France de 1715 à 1774, dont les armées avaient remporté de grandes victoires au cours de ce conflit. Magnanime, le « Bien-Aimé » avait annoncé, lors des négociations entamées pour mettre fin à la guerre, vouloir faire la paix non en marchand, mais en Roi. En conséquence, la France avait rendu toutes ses conquêtes sur le continent européen, au grand dam des Français qui, déçus, scandaient « bête comme la paix », reprochant à leur souverain d’avoir travaillé pour le Roi de Prusse qui sera peu reconnaissant en s’alliant quelques années plus tard avec le Royaume-Uni, grand rival du royaume des lys.
La façade arrière de l’Arc Héré est percée d’une grande arcade en plein cintre encadrée de deux porches plus bas. En franchissant cet arc de triomphe nous accédons à la Place de la Carrière créée au XVIème siècle et rapidement utilisée par les nobles pour leurs jeux équestres et chevaleresques. Depuis 2004, cette belle place est consacrée à une activité plus pacifique puisqu’elle accueille « Le Livre sur la Place », renommé salon du livre de Nancy.

