Situé à une quinzaine de kilomètres au Nord-Ouest de Saint-Mihiel, le château de Thillombois est peut-être l’un des plus beaux châteaux de Meuse.

Il s’agit d’une bâtisse hétérogène, couverte de hauts toits d’ardoise et présentant deux corps de bâtiments formant un plan d’ensemble en L. Chacune des ailes est cantonnée de tours rondes coiffées de hautes poivrières. L’aile orientale, sur laquelle on peut encore apercevoir quelques pâles vestiges du château initial, est de plan rectangulaire. Ses façades sont percées de fenêtres à linteau en arc segmentaire au premier niveau et, au second niveau, de fenêtres faisant alterner linteaux triangulaires et circulaires. Ce corps de bâtiment contraste nettement avec l’autre aile, dont les toitures, de formes très variées, accusent une certaine exubérance. La façade occidentale est quant à elle précédée d’un avant-corps polygonal, tandis que la chapelle du château, sur la façade Nord, forme une tour en demi-hors-œuvre. Cette aile est percée de hautes fenêtres rectangulaires, ainsi que de lucarnes. Le château est entouré par une large terrasse, laquelle donne sur un parc arboré dans lequel serpente un ruisseau.

On sait qu’un premier château existait à Thillombois, dès le Moyen-âge. Probablement érigée par Savary de Belrain, la forteresse fut successivement détenue par les seigneurs de Savigny, de Clermont et d’Erize, avant de faire l’objet d’un échange, en 1564, entre le Duc de Lorraine Charles III et l’Evêque de Verdun Nicolas Psaulme, lequel abandonne Hattonchâtel pour prendre possession de Thillombois. Le château passe ensuite, par mariage, aux d’Issoncourt puis aux Cherisey. En 1650, Gobert d’Apremont épouse Catherine-Bonne de Cherisey. Thillombois entre alors dans le domaine des Apremont et y reste pour plus d’un siècle et demi. Mais en 1815, le château, qui ressemble encore à une forteresse médiévale passe, à nouveau par mariage, à la famille de Nettancourt. Dix ans plus tard, il est presque entièrement détruit. Un nouveau château est alors construit avec notamment des matériaux provenant du château de Rambluzin, tout proche et qui venait d’être détruit. En 1873, Thillombois connaît une nouvelle campagne de restauration, à la faveur du mariage de Jean-Marie-Pierre de Nettancourt-Vaubecourt avec Marguerite, Princesse de Bauffremont-Courtenay. En 1938, le château passe par mariage à la famille de Dampierre, qui le cède, vers 1970, à la municipalité de Mantes-la-Ville, laquelle l’aménage pour accueillir des colonies de vacances. Au début des années 1990, le site est loué par l’association Connaissance de la Meuse, laquelle s’applique à restaurer, meubler et à faire vivre le domaine. Différentes manifestations, d’envergure nationale, se tiennent au château de Thillombois et permettent de faire découvrir au grand public ce très beau domaine meusien.

