Le site du château de Pierre-Percée est de nouveau accessible au public après plusieurs années de fermeture et d’importants travaux de restauration. Les visiteurs peuvent désormais découvrir un parcours sécurisé et des vues à couper le souffle sur le lac, le village et le plateau lorrain.
Situées à 495 mètres d’altitude sur un éperon rocheux, les ruines romantiques du château de Pierre-Percée ont fait l’objet d’une fouille archéologique menée en 2020 par l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives), qui a permis de découvrir plus de vestiges que prévu, ainsi que d’une formidable campagne de consolidation et de valorisation. Une longue plateforme d’observation en forme de trapèze a été aménagée sur le promontoire rocheux, afin de contempler un panorama grandiose sur la Vallée des Lacs. Un escalier métallique permet également d’accéder aux terrasses réalisées dans l’ancien donjon qui offrent elles-aussi des vues renouvelées et inédites sur les environs. Sentinelle élevée tout au bord de la falaise, cette vieille tour rappelle qu’elle se trouvait autrefois à l’avant-poste d’un puissant château qui épousait les 120 mètres de long de l’éperon rocheux en grès rose des Vosges. Les remparts de la forteresse courraient même jusqu’au village en contre-bas.

Le château de Pierre-Percée, dont les origines remonteraient au XIIème siècle, présente toutes les caractéristiques des châteaux défensifs des Vosges, construits de la fin du Xème siècle au début du XIIIème siècle. Son nom, qui aurait remplacé celui de Langenstein, proviendrait d’un puits profond percé au bas de la falaise. On sait que de grands personnages descendant des Comtes d’Alsace et ancêtres des Ducs de Lorraine sont venus s’installer dans la région, notamment au château de Turquestein, situé à proximité. Appelés voués, ils avaient pour mission de protéger l’abbaye de Senones qui dépendait de l’Evêché de Metz. Devenu par la suite une place forte du Comté de Salm, le château de Pierre-Percée fit l’objet en 1135-1136 d’un important blocus de l’Evêque de Metz Etienne de Bar qui était alors entré en conflit avec le Comte de Salm Hermann II. Des forts de siège furent même érigés pour former un triangle autour du château à une distance comprise entre deux et trois kilomètres. Des vestiges de ces constructions, encore visibles ou enfouis dans le sol, nous sont parvenus aujourd’hui. Restaurée et entretenue au cours des siècles suivants, la forteresse fut finalement entièrement démantelée en 1635-1636 sous ordre de Richelieu. Si bien qu’il n’en reste de nos jours que les ruines de l’ancien donjon, des fragments de murs d’enceinte, un puits, des escaliers taillés dans la roche et des cavités. L’ensemble a été classé Monument Historique en 1981. L’éperon rocheux sur lequel est bâti le château de Pierre-Percé est vieux d’environ 250 millions d’années. Les formes des couches de sables superposées qui le constituent ont été façonnées par le roulement de l’eau de mer. Le flux et le reflux de l’eau ont d’ailleurs dessiné des rides, appelés ripple marks, qui ont depuis été figées dans la pierre.

A noter enfin que les deux phases de travaux de préservation et de mise en valeur menées sous l’égide de la Communauté d’Agglomération de Saint-Dié-des-Vosges pour faire du château de Pierre-Percée un haut lieu d’attractivité historique et touristique ont représenté un investissement de plus de 2,1 millions d’euros hors taxes.

