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Mythe et superstitions à l’église romane d’Olley en Lorraine

Eglise et ossuaire d'Olley, en Meurthe-et-Moselle (Crédits photo : Edmondo)

Le petit village d’Olley, dans la Vallée de l’Orne, abrite une église romane pour le moins remarquable. Une église toute en arcs en plein cintre et en bandes lombardes et qui reste mâtinée, pourtant, de quelques rares éléments gothiques. A l’instar de cette sculpture qui ouvre sur ce qu’on appelle, dans le jargon des passionnés d’architecture et de vieilles pierres un « oculus eucharistique ».

oculus
Oculus de l’église d’Olley (Crédits photo : Kévin GOEURIOT pour le Groupe BLE Lorraine)

Le principe est simple. Il consiste à ménager une ouverture dans le mur du chevet de l’église, à l’endroit même où reposent les saintes espèces. Ainsi, les fidèles peuvent venir adorer le Saint-Sacrement, même quand l’église est fermée. Sur un plan plus symbolique encore, l’hostie consacrée, devenue corps du Christ, veille alors, par cette ouverture, sur le village, ses habitants et, au-delà, sur les bêtes et sur les récoltes.

église d'Olley
L’église romane d’Olley en Lorraine (Crédits photo : Aimelaime)

Mais cet oculus, c’est aussi un S à l’envers. Une espèce de serpent, dans lequel je ne peux m’empêcher de voir la Vouivre, ce long serpent légendaire, coiffé d’un diadème où scintille une rutilante émeraude et qui, d’après les anciens, commanderait les sources et les rivières souterraines. La Vouivre, c’est le fluide, les forces secrètes et telluriques. C’est le serpent-monde, et dont le nom aurait donné, peut-être, celui de Woëvre, cette plaine argileuse dans laquelle les cours d’eau filent tous vers l’Orient.

De la religion. Et un peu de superstitions. Etonnant mélange des genres en cette église romane à Olley en Lorraine.

Rédigé par Kévin GOEURIOT

Historien de la Lorraine, écrivain et professeur d’histoire-géographie pour le Groupe BLE Lorraine.

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3 Commentaires

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  1. Mont-Bonvillers, petite commune du Pays-Haut lorrain, abrite une remarquable église qui possède un oculus de style gothique avec cinq trilobes tournoyant autour d’une fleur qu’un héraldiste qualifierait volontiers de quintefeuille. Sculpture mystique et mystérieuse. Le chiffre cinq est en effet difficile à interpréter. Contrairement au quatre, qui peut renvoyer aux quatre saisons, aux quatre points cardinaux ou encore aux quatre évangélistes, le chiffre cinq comporte sa part de mystère. Il fait immanquablement penser au pentacle, à l’étoile à cinq branches, au symbole alchimique, à l’humain, tout simplement. Car cinq, c’est la tête, les deux bras et les deux jambes. Le tout attaché au corps qui, comme la fleur, est appelé à s’épanouir. L’humain, tournoyant, comme pour se regénérer. Et la roue, ici, semble tourner dans le sens inverse de celui des aiguilles d’une montre. Volonté de remonter le cours du temps ? Peut-être. Nager à contre-courant. Retourner à la source. Remonter le temps pour aller demander au tailleur de pierre : pourquoi cet oculus ? Quel sens a-t-il voulu lui donner ? J’aime les vieilles pierres pour leur part de mystère. Pour les méditations qu’elles offrent. Pour les morceaux de poésie qu’elles finissent par faire jaillir, au plus profond de nos esprits. Des méditations qui, mises bout à bout, finissent par élever, elles aussi, quelques temples de sagesse. Quelques cathédrales emplies de saine philosophie.

  2. Oculus et Armoire Eucharistique réalisés au moment de la construction :

    Destinée à recevoir la  » Sainte Réserve » ou réserve eucharistique, l’Armoire, niche assez importante fermée par deux vantaux en fer forgé ou bois ayant disparu lors du « Concile de Trente » imposant « Le Tabernacle Italien » situé au milieu du « Maître-Autel », était percée d’un « Oculus », permettant aux Fidèles d’adorer le « Très Saint-Sacrement » depuis l’extérieur, illuminée par la Lampe de Tabernacle indiquant sa présence selon les Prescriptions de « L’Église Catholique Apostolique Romaine » à partir du XIIIeme siècle.

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