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Acreignes et veillées hivernales d’autrefois en Lorraine

« Acreignes », parfois prononcé « écreignes », voire tout simplement « creignes », est un mot qui s’emploie presque toujours au pluriel pour désigner les veillées hivernales qui animaient jadis le quotidien des Lorrains.

A partir de la Toussaint en effet, on prenait l’habitude autrefois de se retrouver chez l’un ou chez l’autre. Blottie autour de la grande cheminée à l’âtre, l’assemblée passait une partie de la nuit à raconter toutes sortes de fiauves, à prendre des nouvelles des uns et des autres mais aussi à reciner, c’est-à-dire grignoter quelques menues friandises comme des noix, du lard ou des biscuits, le tout arrosé de vin de Meuse ou de Moselle. Traditionnellement, chacun apportait une bûche pour alimenter la cheminée et contribuer aux frais de chauffage. D’où la coutume de la bûche de Noël qui autrefois, était même décorée de lierre et bénie par le maître de maison. La saison des veillées s’achevait vers la mi-février, parfois plus tard dans les Hautes-Vosges, et les enfants avaient coutume de laisser voguer sur les ruisseaux un petit lumignon qui symbolisait le fait que désormais, on pourrait se passer de lanternes et de chandelles. Cette tradition perdure dans les Vosges, à Epinal et à Remiremont notamment, avec la tradition des Champs Golots.

Nos veillées n’ont pas survécu aux radios et autres télévisions. Aujourd’hui, chacun reste cloîtré chez soi et passe la soirée devant un documentaire mal fagoté ou un sombre navet, et pas celui qu’on met dans la potée … Hélas, c’est tout un patrimoine culturel qui s’en est allé avec nos vieilles veillées. Qui s’en est allé un peu comme ces petits navires, le jour des Champs Golots.

Rédigé par Kévin GOEURIOT

Historien de la Lorraine, écrivain et professeur d’histoire-géographie pour le Groupe BLE Lorraine.

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