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Aux petits soins pour les animaux en Pays Boulageois

Le salon de toilettage itinérant « L'Or O'Poil » (Crédits photo : Jean-Marie MATHE pour le Groupe BLE Lorraine)

Un bel animal, lavé, tondu, épilé, coiffé. C’est tout un art. Le toilettage est aujourd’hui une profession à part entière. On ne compte pas moins de 6 000 salons en France, dont une douzaine autour de Boulay-Moselle. Rencontres avec Lorette de « L’Or O’Poil » à Coume et Vérène d’ « Animal Style » à Niedervisse.

Avec quatorze millions de chats et 7,5 millions de chiens aujourd’hui, la France est le pays qui compte le plus d’animaux domestiques par personne. La moitié de nos compatriotes possèdent au moins un animal de compagnie. Le business des animaux domestiques ne cesse de croître. A tel point que nos amis à quatre pattes sont devenus un marché porteur. Des milliards d’euros sont dépensés chaque année, principalement par des propriétaires plutôt urbains et jeunes qui prennent soin de leur fidèle compagnon. Mais, seulement moins de 20 % des propriétaires d’animaux se rendent régulièrement chez un toiletteur, alors qu’un maître fidèle s’y rendrait en moyenne toutes les cinq semaines. Les animaux qui font l’objet de plus de dépenses sont les chats avec plus de 800 euros par an pour leur entretien devant les chiens avec 600 euros par an. Le toilettage est aujourd’hui une profession à part entière qui ne s’improvise pas et exige une sérieuse formation. Le nombre de salons de toilettage a doublé en dix ans, il y en aurait près de 6 000 en France et plus de 120 en Moselle, dont une douzaine autour de Boulay. Le métier de toiletteur canin et félin, à 25 % masculin, comporte de nombreuses facettes. C’est un pro des animaux de compagnie qui assure l’hygiène et l’esthétique de l’animal. Il maîtrise toutes les techniques du toilettage.

« L’Or O’Poil », un salon de toilettage itinérant

Lorette Riedel, 39 ans, originaire de Coume, près de Boulay, était aide-soignante à l’hôpital de Boulay. Ne supportant plus les prises en charge des malades, elle s’est reconvertie en toiletteuse. Si elle n’a pas de diplôme, elle a suivi une formation qualifiante de 600 heures à « Cœur de poil », un centre de formation agréé situé à Champigneulles. Une formation à 6 000 euros prise en charge par Pôle Emploi. « Mon dada, ce sont les chevaux et l’équitation depuis ma tendre enfance. Mais lancer une structure équestre était trop lourd en temps et financièrement pour moi », nous dit Lorette. Cela représentait en effet un investissement de 20 000 euros pour l’achat et l’aménagement d’un camping-car en salon de toilettage. Après avoir testé le matériel sur ses cinq chiens et deux chats, elle se lance en auto-entreprise le 11 mai, à la fin du confinement. Le Covid l’a d’ailleurs aidée vu que les rendez-vous chez les autres toiletteurs du secteur étaient saturés. Son rayon d’intervention va de Noisseville à L’Hôpital et de Bouzonville à Faulquemont et ses tarifs de trente à cinquante euros pour près de deux heures de toilettage selon la taille et la coopération de l’animal. Cela commence par un bain avec shampoing aux plantes, suivi d’un brushing, d’une coupe ou d’une tonte mais pas de soins complémentaires mais une récompense. « C’est un travail enrichissant et passionnant, je suis très satisfaite de mes premiers mois. J’ai une vie plus cool et plus libre. Quand on fait ce qu’on aime, ça roule », confesse Lorette. Le métier exige, évidemment, d’aimer les animaux, de se montrer patient et calme en leur présence, tout en restant dominant. « L’Or O’Poil », qui a plus de clients « chiens », se fait connaître par les réseaux sociaux, le bouche à oreille et le réseau personnel de Lorette, bénévole dans un refuge près de Longwy.

Rendez-vous au 06 31 34 99 65.

Lorette Riedel
Lorette Riedel a réalisé une reconversion professionnelle pour devenir toiletteuse (Crédits photo : Jean-Marie MATHE pour le Groupe BLE Lorraine)

« Animal Style », toilettage en salon

Vérène Thiel, 37 ans, était ambulancière avant de tenir pendant huit ans un salon de toilettage à Grosbliederstroff. En reconversion professionnelle, elle avait suivi une formation de huit mois dans une école près de Lille. « Un diplôme, c’est mieux même si aucun n’est reconnu par l’Etat. Il faut avoir des bases : les races, leur psychologie, savoir quelle coupe correspond à telle race, etc. », tient-elle à préciser. Après avoir vendu son salon et être revenue à ses premières amours d’ambulancière, Vérène s’installe à Niedervisse, situé à sept kilomètres de Boulay, et ouvre son salon le soir et le weekend. « Je suis 20 % moins cher que la concurrence pour permettre aux gens de toute classe sociale d’avoir accès au bien-être des animaux et aux soins. Je ne fais pas du toilettage pour l’argent, d’où mon métier à côté », explique-t-elle tout en rajoutant, philosophe : « Un animal n’est pas né pour être toiletté. C’est une modification génétique faite par l’homme pour qu’il lui convienne et ressemble à un certain modèle ». En plus des chats et des chiens, en majorité, Vérène traite aussi les « NAC » (Nouveaux Animaux de Compagnie), poules, lapins, hamsters et oiseaux. En auto-entreprise, « Animal Style » se déplace aussi au domicile de ses clients et travaille en partenariat avec des vétérinaires de Boulay pour les animaux difficiles. « Je suis surtout chats et chiens. Ils sont tous mes petits bébés. Je ne suis pas là pour exploiter l’animal. Je les aime, j’en prends soin. Il faut être patient et ne pas avoir peur », confesse Vérène qui a elle-même deux chiens, six poules et un chat. Son objectif est désormais de se constituer une clientèle fidèle et de faire une dizaine de toilettages par weekend.

Rendez-vous au 06 15 53 49 70.

Le toilettage, tout un art

Le toilettage est aujourd’hui une profession à part entière qui ne s’improvise pas et exige une sérieuse formation. Le certificat professionnel « toiletteur canin », reconnu par l’Etat, s’effectue en deux ans d’apprentissage. Huit centres en France, dont Mulhouse pour le plus proche, sont certifiés à le préparer. L’animal familier est devenu animal familial. La progression des techniques de toilettage ces dernières années s’accompagne de métiers adaptés aux animaux de compagnie, comportementalistes, ostéopathes, éducateurs, pet Sisters (nounous). Même si le marché sature et la concurrence s’exacerbe, il faut se démarquer et se positionner sur des offres « toilettage » originales.

Rédigé par Jean-Marie MATHE

Passionné de médias et correspondant local en Pays Boulageois pour le Groupe BLE Lorraine.

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