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Quel avenir pour le Musée local de Jean-Louis Philippe à Faulquemont ?

Jean-Louis Philippe aménagé un musée local à Faulquemont (Crédits photo : Thomas RIBOULET pour le Groupe BLE Lorraine)

Entrer dans le charmant petit Musée local de Faulquemont, c’est comme entrer dans la caverne d’Ali Baba. C’est tomber sur des milliers d’objets, des fossiles et des artefacts préhistoriques de différentes époques amassés depuis une cinquantaine d’années par Jean-Louis Philippe lors de ses prospections dans et autour de Faulquemont. Aujourd’hui âgé de 80 ans, le passionné souhaite que sa collection soit exposée et valorisée par la municipalité.

S’il ne prête pas attention, le passant ne se doute pas que derrière une devanture qui ne paye pas de mine se cache une incroyable richesse du patrimoine local. C’est pourtant ici que se trouve, en vieille ville de Faulquemont, en face de la médiathèque, une collection unique en son genre dans la région. Cette collection, un peu hétéroclite, c’est celle de Jean-Louis Philippe, autodidacte que la passion et la curiosité ont transformé en historien, archéologue et géologue amateur. Et aussi guide car c’est lui qui nous fait la visite et nous a raconté son histoire. Cette vocation lui vient de son grand-père maternel, qu’il n’a pas connu, mais dont il est intimement lié par un objet préhistorique trouvé par celui-ci. Au début des années 1970, Jean-Louis Philippe fait une découverte aussi surprenante qu’inattendue en creusant un bassin d’agrément dans son jardin derrière sa maison. Il dégage une, puis deux, puis trois pierres triangulaires du Néolithique (- 1 900 à – 6 000 ans avec Jésus-Christ). Il n’en fallait pas plus pour que cet ancien clerc de notaire se lance dans cette formidable aventure. Ces fameux triangles, uniques en Lorraine et en Europe, constituent d’ailleurs toujours une énigme. S’il s’agit vraisemblablement d’objets cultuels, personne ne sait s’ils représentaient une divinité ou la féminité. Nous aurons l’occasion de parler plus en détail de ce mystère dans un prochain article.

musée local Faulquemont
Artefacts et autres objets préhistoriques du Musée local de Faulquemont (Crédits photo : Thomas RIBOULET pour le Groupe BLE Lorraine)

Titulaire des palmes académiques, Jean-Louis Philippe a ainsi passé sa vie à fouiller le sol des environs de Faulquemont. Au point d’accumuler plus de 2 000 objets et fossiles, souvent rares, d’animaux marins qui peuplaient il y a très longtemps la région. De pointes de flèches du Néolithique à des outils du Mésolithique (- 5 000 à – 9 700 ans avant Jésus-Christ) après la dernière glaciation, en passant par des poteries, des tuiles et des fibules gallo-romaines, mais aussi des peintures et des gravures de sa propre facture retraçant des épisodes de l’histoire locale, sa collection reflète aujourd’hui à ses yeux une valeur inestimable. Il la présente volontiers aux curieux et aux visiteurs sur rendez-vous et à l’occasion des journées du patrimoine dans le local qu’il a aménagé il y a plus de 35 ans à ses frais et sans subvention, dans le seul but de partager sa passion et de faire découvrir les richesses parfois insoupçonnées du patrimoine local.

musée local
Le Musée local de Faulquemont présente des milliers de pièces trouvées par Jean-Louis Philippe dans les environs de la commune (Crédits photo : Thomas RIBOULET pour le Groupe BLE Lorraine)

Mais aujourd’hui et malgré son investissement personnel, Jean-Louis Philippe s’inquiète, avec l’âge, du devenir de sa collection et de son petit musée local. Il aimerait bien que la Ville de Faulquemont ou que le District Urbain de Faulquemont les reprenne et les pérennise quand il ne sera plus là. L’idée est de créer un musée municipal dans l’ancienne synagogue de la commune. Ce magnifique bâtiment avait en effet été cédé à la Ville pour qu’elle le reconvertisse en espace culturel. Il est actuellement à l’abandon. Cela permettrait de combler un vide culturel dans le centre mosellan. L’intérêt est là pour le public comme pour l’attractivité de Faulquemont car mine de rien, le petit Musée local de Jean-Louis Philippe est le seul de la région, avec l’autre petit musée de Lisle-en-Rigault, près de Bar-le-Duc, qui présente la géologie locale du Carbonifère à l’Hettangien avec des fossiles exceptionnels, ainsi que de nombreux objets préhistoriques et gallo-romains.

En attendant que son rêve se réalise, Jean-Louis Philippe continuera de prospecter, de donner des conférences et d’accueillir les scolaires quand son mal de dos sera passé et dès que les conditions sanitaires le permettront.

Rédigé par Thomas RIBOULET

Président-fondateur du Groupe BLE Lorraine et Rédacteur en Chef de BLE Lorraine.

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