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Classicisme au château d’Haroué en Lorraine

Le château d'Haroué en Lorraine (Crédits photo : M. Minderhoud)

A quelques kilomètres au Sud de Saint-Nicolas-de-Port, aux confins du Vermois et du Saintois, la commune d’Haroué peut se targuer d’abriter un véritable joyau de l’architecture classique lorraine.

Construit entre 1720 et 1732, le château d’Haroué fait figure de petit bijou, orné par les meilleurs artistes que comptait alors le Duché de Lorraine. Les grilles du château, en effet, sont dues au talentueux Jean Lamour, quand les sculptures, elles, sont l’œuvre de Barthélémy Guibal. Deux maîtres qui embelliront, quelques années plus tard, cette place royale qui finira par être rebaptisée en Place Stanislas.

Le château lui-même est une reconstruction de Germain Boffrand, architecte de Sa Majesté le Duc Léopold, également en charge de la reconstruction du château de Lunéville. Désireux de conserver les tours et le plan quadrangulaire de l’ancienne forteresse, il va se contenter d’élever une demeure de goût classique, à la fois sobre et raffinée, majestueuse et élégante.

Propriété depuis des siècles de la prestigieuse famille de Beauvau-Craon, le château d’Haroué mérite qu’on le visite. Avec ses douves en eau, ses jardins à la française et ses pièces meublées comme au XVIIIème siècle, il est un témoin unique du raffinement dans lequel vivait la noblesse locale dans les dernières années de l’indépendance des Duchés de Bar et de Lorraine.

Rédigé par Kévin GOEURIOT

Historien de la Lorraine, écrivain et professeur d’histoire-géographie pour le Groupe BLE Lorraine.

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  1. Situé dans le Saintois, le château d’Haroué a été construit à l’emplacement d’un ancien château-fort, qui fut la propriété du Marquis François de Bassompierre, et d’un château Renaissance. Surnommé le « Chambord lorrain », l’édifice actuel est un bijou du siècle des Lumières et de l’architecture classique du XVIIIème siècle. Il est l’œuvre de Germain Boffrand, architecte du château de Lunéville, qui l’a fait réaliser de 1720 à 1732 pour le compte de Marc de Beauvau-Craon, Connétable de Lorraine puis Vice-roi de Toscane, sur un domaine offert par son ami d’enfance, le Duc de Lorraine Léopold. Les quatre tours d’angle et les douves de l’ancien château médiéval furent intégrées dans les plans de Germain Boffrand. Celui-ci a ainsi imaginé un château qui symbolise le temps qui passe. L’édifice comporte en effet 365 fenêtres pour les jours de l’année, 52 cheminées pour les semaines, douze tours pour les mois et quatre ponts pour les saisons.

    En entrant dans le vaste domaine, les visiteurs passent devant une superbe grille qui s’ouvre sur la cour d’honneur. Cette grille a été forgée par Jean Lamour, rendu célèbre pour les grilles qu’il a réalisées sur la Place Stanislas à Nancy. A Haroué, celui-ci a également œuvré sur les balcons et la rampe d’escalier du château. Il faut dire que le riche décor intérieur de l’édifice fait la part belle aux plus grands artistes lorrains de l’époque. Les magnifiques tapisseries de la Salle d’armes, où sont également exposées les armes de la famille de Beauvau-Craon, ont par exemple été réalisées par la Manufacture ducale de la Malgrange. Tissées en fils d’or, d’argent et de soie, elles représentent les batailles d’Alexandre le Grand contre le roi de Perse Darius. Le Salon chinois a quant à lui été décoré par le peintre Jean Pillement. Sur la table dressée dans le grand cabinet d’Anne-Marguerite de Ligneville sont délicatement posés des assiettes de la Compagnie des Indes, des verres de la Couronne du Saint-Empire, des coupes de champagne en cristal de Baccarat et un samovar du grand argentier Christofle. A l’extérieur, avant de descendre vers le très beau parc à la française, des groupes d’angelots sculptés par Barthélemy Guibal agrémentent les marches d’escaliers.

    Le Roi Stanislas adorait séjourner au château d’Haroué. Une chambre d’apparat lui était d’ailleurs réservée. Il aimait autant la demeure que Marie-Françoise-Catherine de Beauvau, Marquise de Boufflers (1711-1786), fille de Marc de Beauvau-Craon et d’Anne-Marguerite de Ligneville. A 34 ans, celle-ci était en effet devenue la maîtresse attitrée du Duc de Lorraine, alors âgé de 67 ans. Belle et spirituelle, elle était aussi dame de compagnie de Catherine Opalinska, épouse de Stanislas. La Marquise de Boufflers participa pleinement à la société brillante, savante et raffinée que le Duc de Lorraine avait créé autour de lui à la Cour de Lunéville. Voltaire y vécut aussi des années heureuses et célébra la marquise par des vers inspirés pour conter sa beauté, son intelligence et son élégance.

    A noter enfin que le château d’Haroué est toujours occupé par les descendants de Marc de Beauvau-Craon et cela depuis huit générations. Pour l’anecdote, les deux chaises à porteur posées dans l’entrée d’honneur du château sont justement celles de Marc de Beauvau-Craon (1679-1754) et de son épouse Anne-Marguerite de Ligniville (1686-1772), avec laquelle il eut vingt enfants.

  2. L’histoire du Maréchal de Bassompierre, ancien propriétaire du château, m’intéresse, particulièrement, puisque j’habite Bassompierre d’où est originaire la famille du Maréchal. Il possédait une ferme avec des bâtiments de cette époque dont certains sont encore visibles aujourd’hui. Sans doute à l’emplacement du château d’origine. Je voudrai savoir qu’elle a été la cause de la destruction de son château à Haroué. L’histoire locale chez nous est pleine de confusions, on dit que c’est Richelieu qui a fait démolir ce château, (même celui de Bassompierre, chez nous, ce qui à mon sens ne tient pas) . Comment aurait-il fait, puisqu’à cette période on se trouvait en Lorraine ducale?

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