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Nouvelles réserves biologiques intégrales en Lorraine

Hétraie dans la réserve biologique intégrale des Jumelles d'Ornes (Crédits photo : Catherine Cluzeau - ONF)

La Lorraine compte trois nouvelles réserves biologiques intégrales depuis fin mai, à savoir la réserve biologique intégrale de Bannes-Ravines, dans les Vosges, ainsi que les réserves biologiques intégrales des Jumelles d’Ornes et de la Vau des Loups en Meuse.

Dans une réserve biologique intégrale, la forêt est laissée en libre évolution sans exploitation. Autrement dit, les vieux arbres, le bois mort ou encore les champignons restent en l’état. Ce qui procure autant de cavités, d’humidité et de micro-habitats indispensables à la survie de nombreuses espèces d’insectes, d’oiseaux, de mousses ou encore de chauves-souris. Tous ces organismes vivants concourent discrètement à l’équilibre subtile et fragile de l’écosystème. En cela, les forêts des réserves biologiques intégrales sont de véritables puits de biodiversité, des archives vivantes inestimables qui s’inscrivent sur le temps long.

Vous trouverez ci-dessous plus d’informations sur chacune des trois nouvelles réserves biologiques intégrales de Lorraine.

Réserve biologique intégrale de Bannes-Ravines dans les Vosges

D’une superficie de 313,25 hectares, la réserve biologique intégrale de Bannes-Ravines, dans les Vosges, se situe en forêts domaniales de Bannes et du Val de Senones, sur le ban des communes d’Allarmont, de Celles-sur-Plaine, de La Petite Raon et de Senones. La réserve est représentative des écosystèmes des Vosges gréseuses à l’étage montagnard. Elle abrite une biodiversité remarquable, dont notamment une flore forestière exceptionnelle.

réserve biologique intégrale de Bannes-Ravines
Dans la réserve biologique intégrale de Bannes-Ravines dans les Vosges (Crédits photo : ONF)

Réserve biologique intégrale des Jumelles d’Ornes en Meuse

Située à une quinzaine de kilomètres au Nord de Verdun, à la limite entre les Côtes de Meuse et la plaine argileuse de la Woëvre, la Réserve biologique intégrale des Jumelles d’Ornes s’étend sur 100,18 hectares sur les communes de Grémilly et d’Ornes. Son nom vient d’une double butte-témoin située à moins de deux kilomètres.

trous obus
Trous d’obus et vestige de tranchée fortifiée dans la réserve biologique intégrale des Jumelles d’Ornes (Crédits photo : Nicolas Drapier – ONF)

La réserve biologique intégrale des Jumelles d’Ornes fait partie de la forêt domaniale de Verdun, elle-même classée forêt d’exception. Lors de la Bataille de Verdun, le secteur se trouvait au niveau des secondes lignes allemandes. Les Allemands y avaient aménagé une zone de dépôts et de cantonnement pour plusieurs milliers d’hommes qui était desservie par une gare d’où partaient différents chemins de fer. De ces infrastructures, il ne subsiste aujourd’hui sous le couvert forestier que des restes de tranchées, des vestiges d’ouvrages bétonnés et des trous d’obus qui forment de nos jours des mares temporaires favorables à la reproduction des amphibiens. Après la guerre, les arbres qui ont survécu aux bombardements d’artillerie ont été très peu exploités jusqu’à la fin du XXème siècle. Les dégâts occasionnés par la mitraille les avaient en effet fortement dépréciés. Comme sur une grande partie de la Zone Rouge de Verdun, une forêt, principalement constituée de pins noirs d’Autriche, a été créée de toute pièce sur le plateau calcaire sur les anciennes terres agricoles des huit villages entièrement détruits par les combats, dont celui d’Ornes. Cependant, on constate depuis une renaturation par les feuillus à l’ombre des pins. La réserve intégrale sera peut-être à l’avenir l’un des derniers témoins de ces plantations massives qui ont permis à la forêt d’exister et de se renaturer. A contrario et malgré les vicissitudes de l’histoire, elle abrite une forêt de feuillus vieille de plus de deux siècles sur le versant abrupt des Côtes de Meuse. La réserve biologique intégrale des Jumelles d’Ornes accueille une faune typique des forêts de plaine lorraines. Quarante espèces d’oiseaux, quatre espèces d’amphibiens, trois espèces de reptiles et 102 espèces de coléoptères saproxyliques y ont été recensées. Grâce à sa richesse en arbres à cavités, mais aussi en sapes et en anciens ouvrages fortifiés, elle abrite par ailleurs seize espèces de chauves-souris sur les 22 présentes en Lorraine.

réserves biologiques intégrales
Ruisseau temporaire de la Vau Hin en hiver dans la réserve biologique intégrale de la Vau des Loups (Crédits photo : Nicolas Drapier – ONF)

Réserve biologique intégrale de la Vau des Loups en Meuse

La réserve biologique intégrale de la Vau des Loups couvre une superficie de 75,60 hectares en forêt domaniale de Sommedieue. Principalement constituée de hêtraies-chênaies qui ont fortement souffert des tempêtes de 1990 et de 1999, elle renferme des écosystèmes forestiers représentatifs des côtes calcaires de Meuse. Ses peuplements relativement jeunes et ouverts présentent par conséquent également beaucoup de bois mort au sol. A noter néanmoins que des arbres plus anciens, qui ont résisté aux rafales de vent, se trouvent encore dans les vallons. Outre les 31 espèces d’oiseaux nicheurs et les douze espèces de chiroptères, on y trouve aussi une flore atypique marquée par la présence de la Bermudienne des montagnes, une espèce qui a été introduite accidentellement en Lorraine lors du passage des troupes américaines en 1917.

forêt réserve biologique intégrale
Aspect de peuplement post-tempête dans la réserve biologique intégrale de la Vau des Loups en Meuse (Crédits photo : Nicolas Drapier – ONF)

Rédigé par Thomas RIBOULET

Président-fondateur du Groupe BLE Lorraine et Rédacteur en Chef de BLE Lorraine.

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