Les routes et les chemins qui mènent dans cette contrée lointaine serpentent dans les montagnes et les vallées. Enchanteur, le Rocher de Dabo attire, irrésistiblement. Menaçant ou protecteur, c’est selon.
Erigée à son sommet en 1825, la chapelle rend hommage au Pape Léon IX qui est né à Dabo en 1002. Une statue le représentant trône dans une niche. Autour de l’édifice religieux, deux tables d’orientation offrent une vue imprenable sur les environs.

Au cœur des Vosges mosellanes, le mystérieux Rocher de Dabo surplombe la Vallée de la Zorn tel un phare sur la ligne bleue. De ses 664 mètres d’altitude, il domine le Plateau Lorrain au loin. L’atmosphère y est étrange, particulière. Ici, l’on pénètre dans un monde de dragons, de brigands, de fantômes et de farfadets. Les contes et les légendes hantent les lieux depuis des siècles, même si les êtres maléfiques ont été combattus par des héros d’un autre âge.

On raconte que le Prince Noir, chevalier ruiné devenu brigand, aurait semé la terreur dans la région avec sa troupe de bandits en détroussant les voyageurs imprudents. Le trésor accumulé serait encore caché près du rocher. Il y a aussi les croyances populaires, qui évoquent par exemple les Druckmännele, ces farfadets malicieux qui se couchent sur la poitrine des nouveau-nés pour les empêcher de respirer. Pour protéger l’enfant, il serait conseillé de placer un couteau de boucher sous son oreiller ou de déposer des excréments sur ses membres. Mais le Rocher de Dabo renferme bien d’autres mystères encore …



Dabo ne se résume pas à son rocher. La commune, qui s’étend sur près de 4 600 hectares, dont environ 4 000 hectares de forêt, possède également une tradition unique en Lorraine et dans l’Hexagone, à savoir le bois bourgeois. Hérité des anciens Comtes de Dabo, ce droit permet encore aujourd’hui à près de 500 ayants droit de bénéficier chaque année d’un lot de bois. Derrière cette tradition se cache aussi une volonté ancienne d’attirer des familles sur le territoire en leur offrant des droits sur la forêt.