Le château de La Grange, situé à Manom, près de Thionville (Diddenuewen en Lothringer Platt), a dernièrement rouvert ses portes après cinq ans de travaux de rénovation. Cette magnifique demeure du XVIIIème siècle classée aux Monuments Historiques, qui se cache au bout d’une majestueuse allées de tilleuls, est l’un des plus beaux châteaux lorrains du Siècle des Lumières.
Les travaux de rénovation ont porté sur des éléments structurants du château. Toiture, charpente, huisseries, plomberie ou électricité ont été refaites dans les règles de l’art. Les façades ont également retrouvé leur splendeur d’antan, tout comme les lions en marbre sur le parvis. La centaine de fenêtres arbore à nouveau dix carreaux comme au XVIIIème siècle. L’ensemble, qui se reflète dans les douves, est harmonieux.

A l’intérieur, les couleurs ont aussi retrouvé tout leur éclat. Les murs autour du grand escalier d’honneur à l’entrée resplendissent comme aux plus belles heures après avoir été simplement lessivés. L’ensemble des pièces, que ce soit le salon rouge, le salon bleu ou encore la chambre jaune avec son remarquable lit à baldaquin, affiche de jolies couleurs. Une attention particulière a aussi été apportée au mobilier d’époque Louis XV et Louis XVI. Une soixantaine de fauteuils a par exemple été recapitonnée avec des tissus d’époque réédités. Plusieurs tableaux, dont certains signés par Elisabeth Vigée Le Brun, la célèbre portraitiste de la Reine Marie-Antoinette, ont de même été dépoussiérés.

Le parcours de visite permet par ailleurs de découvrir la bibliothèque du château, les différentes tapisseries, les poêles en faïence, les céramiques de la Compagnie des Indes, les cuisines d’aspect Renaissance situées au sous-sol, ainsi que le jardin des Prairiales. A noter que les travaux de rénovation du château de La Grange de Manom ont représenté un investissement de près de trois millions d’euros.

Rappelons enfin que l’actuel château de Manom, d’architecture classique, a été construit en 1731 à l’emplacement d’un ancien château féodal défensif par Christophe Gomé des Hazards qui avait fait appel pour l’occasion à l’architecte Robert de Cotte, élève du célèbre Jules Hardouin-Mansart. Endetté par les travaux de cette œuvre, le commanditaire dut se résoudre à vendre le château dès 1750 au Marquis de Fouquet de Belle-Isle, alors Gouverneur de Metz. La demeure a ensuite encore changé de propriétaire pour échoir aux De Bertier de Sauvigny, famille à laquelle elle appartient toujours.

