Implanté sur le site historique de la Société des Granits Porphyroïdes des Vosges, qui s’est établie dès la fin du XIXème siècle à proximité des quais de la gare du Syndicat, le Centre de Géologie Terrae Genesis fête ses vingt ans en 2026. Cet évènement est l’occasion de mettre en lumière la richesse de ses collections et les trésors uniques au monde qu’il abrite.
Parmi ceux-ci, la plus ancienne roche connue de la planète occupe une place particulière. Découverte en 2016 lors d’une expédition dans le grand Nord canadien, son âge est estimé à quatre milliards et 388 millions d’années. Cette datation soulève aussi bien un problème scientifique qu’elle rend l’objet inestimable. Elle remet en effet en question le modèle de formation de la Terre communément admis selon lequel il n’y aurait pas encore de roche solide à cette ère. Le centre vosgien expose également différentes météorites ordinaires, comme des sidérites, et des plus rares qui viennent notamment de Mars ou de la Lune. On peut aussi y admirer des roches d’Isua qui ont contribué à la datation de l’apparition de la vie sur Terre. Cette région du Groenland renferme en effet les plus anciennes formations rocheuses de la planète qui datent d’il y a 3,8 milliards d’années.

En plus des roches, Terrae Genesis possède par ailleurs une impressionnante collection de 1 600 minéraux des Vosges et du monde entier, dont l’un des trois échantillons types au monde de touretite. Cet échantillon a permis de définir ce minéral découvert en 2023. Il est aussi possible d’y contempler un quartz fantôme du Brésil. Le nom de ce cristal provient des formes blanches et jaunâtres qu’il arbore à l’intérieur. Il s’agit en réalité de cavités qui contiennent un liquide et un gaz. Autrement dit, ce quartz a la particularité de réunir les trois états de la matière. Ce qui rend cette pièce minéralogique de 650 kilogrammes encore plus remarquable, c’est qu’il en existe seulement deux morceaux au monde. L’un est situé à Washington, l’autre est justement visible au Syndicat, dans les Vosges.

A noter enfin que le centre de géologie lorrain expose également des fossiles, à l’image d’une surprenante tête de tigre à dents de sabre découverte dans les Vosges.
