Le Musée de la Cour d’Or, à Metz, conserve de véritables merveilles. Parmi celles-ci se trouve un plafond peint datant du Moyen-âge et présentant, dans une série de médaillons, tout un bestiaire fantastique au sujet duquel les historiens ont énormément glosé. Sirènes, sciapodes et autres basilics côtoient en effet des hérissons et autres poissons à tête d’homme. Et au milieu de tout cela galope une licorne. Une licorne mâle, les attributs sont bien présents, dotée d’une barbichette de bouc.
Egalement appelée « unicorne » ou même « monocéros », la licorne n’est pas propre au Moyen-âge. Elle est en effet citée, dans la littérature, dès l’Antiquité et son invention semble devoir être mise en relation avec les descriptions d’antilopes ou de rhinocéros que font certains explorateurs de l’Inde et de l’Afrique. Mais c’est bien le Moyen-âge qui va donner, en quelque sorte, ses lettres de noblesse à l’animal. Réputée être extrêmement farouche, la licorne ne se montrerait que très rarement, au plus sombre des forêts. Elle serait néanmoins attirée par le parfum que dégagent les jeunes femmes encore intactes. C’est la raison pour laquelle l’iconographie médiévale représente souvent les licornes en train de reposer leurs têtes sur le buste ou les jambes d’une jeune femme. Et les bestiaires d’ajouter qu’un chasseur peut aisément capturer une licorne en demandant à une vierge de rester immobile au milieu d’une clairière. Evidemment, ce ne sont là que fabulations. La diffusion de cornes de narval, animal marin doté d’une longue torsade rostrale accréditera cependant la théorie selon laquelle les licornes existent bel et bien. Si bien qu’il faudra attendre le rationalisme du XVIIIème siècle et les écrits de Buffon pour lire des textes qui remettent clairement en cause l’existence de cet animal.
Un animal doté toutefois d’une large valeur symbolique. Pour les médiévaux en effet, la licorne incarne d’abord la pureté et l’innocence. On pensait également que la corne de licorne avait le pouvoir de protéger contre toute forme d’empoisonnement. A ce titre, des rostres de narval, que l’on faisait passer pour des cornes de licornes, ont parfois été vendus à prix d’or, au Moyen-âge. 
