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Passion du béhourd en Lorraine avec Lotharii Regnum

L'association Lotharii Regnum pratique le béhourd en Lorraine (Crédits photo : Jonathan Feid)

L’association Lotharii Regnum permet de découvrir et de pratiquer en Lorraine le béhourd, un sport de combat médiéval. Président du club et capitaine d’équipe, David Schaack répond à nos questions et nous présente son association.

BLE Lorraine : Quelles sont les activités proposées par Lotharii Regnum ? Pourquoi avoir choisi ce nom ?

David Schaack : « Lotharii Regnum a été fondé en 2018. Nous avons choisi ce nom en hommage au nom latin du royaume de Lotharingie, qui fut le territoire de Lothaire II, un arrière-petit-fils de Charlemagne. Le nom a ensuite évolué pour devenir celui de la Lorraine. Nous nous entrainons chaque samedi à Maizières-lès-Metz. Nous proposons avant tout du béhourd, qui est un sport de combat où des combattants portant des armures inspirées de celles portées au Moyen-âge s’affrontent dans une arène fermée appelée lice. Le but est de mettre l’équipe adverse au sol. Plus récemment nous nous sommes enregistrés auprès de la fédération de MSF, qui nous permet de proposer des entrainements de Modern Sword Fighting. A la différence du béhourd qui se pratique en équipe et avec des armures et du matériel en acier ou en titane, le MSF est essentiellement centré sur le duel. Les deux combattants s’opposent avec du matériel adapté, en mousse, dans des duels à la touche, le but étant de marquer le plus de points possibles dans un temps donné. »

béhourd
Le béhourd est un sport de combat médiéval (Crédits photo : Jonathan Feid)

BLE Lorraine : Qu’est-ce que le béhourd ? Est-ce un sport ou de la reconstitution historique ?

DS : « C’est un mélange des deux ! Le béhourd est une version modernisée des tournois à pieds disputés durant le Moyen-âge. Il n’y avait pas que la joute à cheval à l’époque, contrairement à ce que les films ou les séries se basant sur le Moyen-âge peuvent bien laisser penser. Les armes sont émoussées pour éviter au maximum le risque de blessures et de mise en danger des adversaires. Toutes les armes et armures doivent répondre à des critères d’historicité, validés par un comité qui a la charge de vérifier chaque arme et chaque projet d’armure. Ainsi les armures doivent correspondre à celles utilisées dans un espace précis (armure dite occidentale, c’est-à-dire basées sur les sources européennes, ou orientale, basée sur les armures slaves ou asiatiques) et dans un laps de temps de trente ans. Par exemple, je ne peux pas porter un casque basé sur un modèle datant de 1390 avec des gantelets datés de 1450. Il y a donc un gros travail de recherche à faire en amont, que ce soit sur internet ou dans des archives. Il faut que l’armure soit sourcée avec des documents historiques (manuscrits, enluminures, gravures, gisants, etc.), afin de prouver qu’elle peut correspondre à une armure qui aurait pu être portée au Moyen-âge. Cependant, les pièces d’armures sont modernisées pour garantir au mieux la sécurité des combattants. Par exemple, il est interdit de porter des gantelets avec des doigts articulés, afin d’éviter les fractures. Il est donc autorisé de porter des gantelets reprenant la forme d’une pièce historique, mais dont les doigts sont soudés afin de former une sorte de moufle, bien plus résistante aux impacts. Donc si l’aspect historique est important dans la forme, dans le fond, l’aspect sportif est primordial. Le béhourd reste un sport, il n’est pas question de blesser gravement un adversaire sous prétexte qu’il est dans une autre équipe. Ainsi, les règles liées aux armes, aux armures et aux coups autorisés et interdits sont là pour assurer au mieux la sécurité de chacun. »

Modern Sword Fighting
Enregistrée auprès de la fédération de MSF, l’association Lotharii Regnum propose également des entrainements de Modern Sword Fighting (Crédits photo : Jonathan Feid)

BLE Lorraine : Comment fabriquez-vous vos armes et vos costumes ? Avez-vous privilégié une époque ou un siècle en particulier ?

DS : « On aimerait bien les fabriquer nous-mêmes ! Mais tout notre matériel est fabriqué sur-mesure par des forgerons ou des tailleurs. Concernant le choix des armes et des armures, chacun est libre de choisir, tant que le projet est validé par le comité d’historicité. On peut donc trouver des armures françaises, italiennes, allemandes, chinoises, russes, etc. L’important est que le combattant se sente à l’aise avec son matériel ! Toutefois, chaque combattant doit porter un tabard, c’est-à-dire un vêtement en toile épaisse, aux couleurs de son équipe. Afin que les arbitres et les combattants puissent reconnaître les équipes. »

BLE Lorraine : D’où vient votre passion pour le béhourd, l’histoire ?

DS : « J’ai toujours aimé les chevaliers en étant gosse, les armures et les épées en carton. C’était tellement fun. Et un jour un ami m’a dit « t’as vu ces mecs-là, ils s’équipent comme des chevaliers et se mettent sur la tronche » … Il avait tout dis ! Je n’ai pas forcément un grand attrait pour l’histoire mais plus pour le coté combat et sportif du béhourd. J’ai toujours pratiqué beaucoup de sports et celui-ci était certainement celui qui me correspondait le plus. Dépassement de soi, cardio musculation, combat, tout un ensemble qui fait que j’en suis dans ma quatrième année ! »

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Toutes les armes et armures doivent répondre à des critères d’historicité (Crédits photo : Jonathan Feid)

BLE Lorraine : Y-a-t-il des conditions (âge, condition physique, équipement, coûts) pour pratiquer ? Que diriez-vous aux amateurs intéressés pour les convaincre ou les rassurer de vous rejoindre ?

DS : « Il faut être majeur, c’est impératif. Concernant la forme physique, pratiquer une activité sportive régulière en supplément du béhourd est un vrai plus (musculation, cross-training ou autre) car cela reste un sport très exigeant en termes de ressources physiques et de cardio. Evidemment le matériel a un coût. Une armure coute aux alentours de 3000 euros. Mais nous n’attendons pas que nos membres achètent une armure dans l’année. Certains économisent plusieurs années, d’autres n’envisagent pas l’achat immédiat d’une armure et se concentrent sur le MSF, qui est bien plus abordable en termes de coûts (200 euros maximum). Les plus curieux peuvent bien évidemment nous contacter pour découvrir notre sport et venir essayer ! Ils sont bien évidemment les bienvenus ! »

Rédigé par Rédaction BLE Lorraine

La Rédaction du Groupe BLE Lorraine, premier média et think tank indépendant de Lorraine.

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