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Du couvre-feu à Metz

La cathédrale Saint-Etienne de Metz (Crédits photo : Joseph ADAMO pour le Groupe BLE Lorraine)

Tous les soirs à 21h50 précise, la cathédrale de Metz sonne d’une façon tout-à-fait différente qu’aux autres moments de la journée. Un tintement rapide résonne en effet en sol dièse dans toute la ville pendant cinq minutes. Un son qui n’est d’ailleurs pas très mélodieux. C’est pourtant celui de Mademoiselle de Turmel, l’une des trois cloches nichées dans la Tour de la Mutte. Celle-ci retentit pour prévenir les habitants que la nuit tombe sur la ville. Et avec elle tous ses dangers.

Selon la légende, Anne de Turmel, fille de Joseph de Turmel, Maire de Metz du XIXème siècle, s’était fiancée avec un jeune bourgeois dénommé Jean Régnault. Mais un soir, alors qu’elle attendait désespérément son promis, Mademoiselle de Turmel entendit un cri glaçant dans la nuit vers 22 heures. Le lendemain matin, elle apprend que son fiancé a été retrouvé mort dans la Moselle après avoir été détroussé par quatre brigands sur le Pont Saint-Georges.

Le maire de Metz décide alors d’instaurer un couvre-feu tous les soirs à 22 heures, afin d’éviter de nouvelles agressions nocturnes. Une nouvelle cloche est fondue et hissée au sommet de la Tour de la Mutte pour prévenir les habitants quelques minutes avant de rentrer chez eux et de pas errer dans les rues mal éclairées la nuit. A Metz, ce couvre-feu est d’ailleurs appelé « la retraite des bourgeois ». On raconte qu’Anne de Turmel aurait jeté sa bague de fiançailles dans le bronze de la cloche pour noyer son chagrin.

A noter enfin que la cloche Mademoiselle de Turmel existe véritablement à la cathédrale de Metz. Elle pèse cinquante kilogrammes et mesure 34 centimètres. Son diamètre inférieur fait 43 centimètres. Elle a été offerte à la Ville de Metz par Joseph de Turmel en 1816 après avoir auparavant officiait à l’Hospice Sainte-Catherine de Verdun.

Rédigé par Thomas RIBOULET

Président-fondateur du Groupe BLE Lorraine et Rédacteur en Chef de BLE Lorraine.

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Un Commentaire

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  1. Une Cour des Miracles, voilà à quoi devait ressembler la Rue d’Enfer au Moyen-âge à Metz. Elle était si mal fréquentée qu’on la fermait à ses extrémités avec des grilles dès la nuit tombée pour éviter que ne se répandent, dans la ville, canailles, marauds, carambouilleurs et autres gredins, mais surtout la misère qui, visiblement, l’habitait. Certains historiens estiment que cette sale réputation lui a valu le nom de Rue d’Enfer. En fait, cette interprétation serait diablement courte. Beaucoup de villes comptent des Rues d’Enfer. Ce nom signifierait, en vérité, rue inférieure. A Metz, elle se trouve en effet en contrebas de la Colline Sainte-Croix. Enfer ferait alors simplement référence à sa position et à la condition des gens qui y vivaient. L’enfer était peut-être même en Nexirue. Si cette rue a changé plusieurs fois de dénomination au cours des siècles, ce qui est sûr, c’est qu’il ne faisait pas toujours bon s’y rendre ou y être convoqué. Au Moyen-âge, certaines exécutions publiques s’y déroulaient sur une placette aujourd’hui disparue.

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