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Découvertes archéologiques Place de Chambre à Metz

Un des trois blocs antiques retrouvés Place de Chambre à Metz (Crédits photo : Metz Métropole)

En mai 2020, deux trous de deux mètres de profondeur avaient été creusés Place de Chambre à Metz pour planter des micocouliers avec l’accord de l’Architecte des Bâtiments de France. L’idée était de créer des îlots de fraicheur en période estivale dans cette partie très minérale du centre-ville. La DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) avait fait stopper le chantier, afin que des archéologues puissent effectuer des fouilles pendant trois jours. Leurs découvertes ont dernièrement été présentées à la Maison de l’Archéologie et du Patrimoine de Metz Métropole.

Les archéologues y ont trouvé du remblai qui a servi à niveler l’espace public au moment des travaux de réaménagement entrepris par le Maréchal de Belle-Isle sur l’Ile de la Comédie pour construire l’Opéra-Théâtre au XVIIIème siècle. Ils ont également mis au jour des fondations de caves médiévales qui se situaient au milieu de la place. Avant l’aménagement de cette dernière, sur laquelle se tenait le marché de la ville au Moyen-âge, l’espace devait ainsi être occupé au XIIème et au XIIIème siècles par une large rue bordée d’échoppes et d’habitations qui ne figure pourtant sur aucun plan ancien connu de Metz. Ces réaménagements urbains ne sont en réalité pas si surprenants. Il faut que dire que la configuration de l’actuelle Place de Chambre a souvent été modifiée, en particulier lors de la construction du palais épiscopal, qui abrite aujourd’hui le marché couvert, par Blondel.

Dans les fondations des caves médiévales dégagées, les archéologues ont retrouvé trois gros blocs gallo-romains de près de 150 kg chacun, dont deux sont finement décorés. Ils proviennent de la carrière de calcaire de Norroy-lès-Pont-à-Mousson qui était directement administrée par le pouvoir impérial romain. Les pierres de qualité qui y étaient extraites étaient réservées à la construction des bâtiments publics. Certaines d’entre elles étaient même exportées jusqu’aux confins de l’Empire Romain. Dans l’antique Divodorum Mediomatricorum, ces blocs de pierres furent utilisés pour élever de très grands monuments au IIème siècle après Jésus-Christ, une période au cours de laquelle la cité était en plein essor. L’un des blocs mis au jour Place de Chambre, orné d’une magnifique frise végétale, est un bloc d’architrave, c’est-à-dire qu’il reliait deux immenses colonnes. Sa découverte à cet endroit de la ville ne constitue pas une surprise car ce secteur concentrait durant l’Antiquité romaine de grands édifices publics. Ces trois blocs furent ensuite réutilisés au Moyen-âge pour bâtir des maisons rectangulaires, dont on a justement retrouvé les fondations des caves.

A noter enfin que les carrières de la région n’étaient pas toutes placées sous tutelle impériale, à l’image de la carrière de Pierre de Jaumont de Sainte-Marie-aux-Chênes. Mais le recours de cette pierre dorée dans les constructions messines n’intervînt véritablement qu’à partir du XIème siècle.

Rédigé par Thomas RIBOULET

Président-fondateur du Groupe BLE Lorraine et Rédacteur en Chef de BLE Lorraine.

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