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Des croix d’identité de la cathédrale de Metz classées Monuments Historiques

Intérieur de la cathédrale Saint-Etienne de Metz (Crédits photo : Pierre-Selim Huard)

Restée dans l’ombre pendant près d’un siècle, une collection exceptionnelle constituée de onze croix d’identité, de 18 calices et d’une dizaine de patènes en étain, retrouvée dans la cathédrale de Metz a été classée aux Monuments Historiques. Exposés dans une simple vitrine de la crypte de l’édifice, ces objets seront mis en valeur en 2020 à l’occasion des célébrations des 800 ans de la cathédrale Saint-Etienne de Metz.

Tous ces éléments ont été mis au jour en octobre 1904 par les Allemands pendant l’Annexion au cours de fouilles effectuées dans le transept Nord et dans la nef pour installer un nouveau système de chauffage dans la cathédrale. Ils ont alors exhumé des tombes d’évêques et de chanoines. Au total, une quarantaine de croix d’identité en plomb et en étain, des calices et des patènes ont été découverts dans des sarcophages. Les noms, fonctions et années de mort des défunts étaient inscrits sur les croix. Les calices et les patènes avaient quant à eux plus une fonction symbolique. Des matériaux nobles étaient en effet utilisés pour le culte. Cette collection est exceptionnelle à plus d’un titre par le nombre d’objets qu’elle contient et par la continuité historique qu’elle présente. Les croix retrouvées couvrent une période allant du XIIIème siècle au XVIIIème siècle, ce qui permet d’avoir un bon aperçu des formes et des connaissances techniques des potiers messins. La cité a été au cours de son histoire un très grand centre de la poterie en étain. A noter que la plus ancienne croix d’identité, du XIIIème siècle, a été découverte dans le cercueil de l’évêque Bertram.

La collection constitue par ailleurs un témoignage remarquable de la pratique du viatique. Celle-ci consiste à déposer dans la tombe des objets destinés à accompagner le défunt dans l’au-delà. Héritée de l’Antiquité, elle a été christianisée avec les objets de culte. Si le viatique a cessé à la fin du Moyen-âge dans le reste de l’Europe, il a néanmoins persisté en Lorraine et à Metz en particulier jusqu’au XVIIIème siècle. Il faut en effet savoir qu’une cathédrale est avant tout une nécropole qui renferme les sépultures des prélats, religieux et grands mécènes. C’est la raison pour laquelle les fouilles entreprises par les Allemands ont permis de mettre à jour plusieurs dizaines de tombes rien que dans le transept Nord de la cathédrale Saint-Etienne. D’autres sommeillent toujours sous le transept Sud. Six évêques de Metz reposent également dans la crypte, en attendant que les rejoignent Mgr Raffin et Mgr Lagleize, les deux derniers titulaires de la fonction. L’architecte de la cathédrale, Pierre Perrat, a quant à lui été emmuré dans un pilier pour éviter que le diable ne vienne chercher son âme, après son pacte conclu avec le Malin pour achever l’édifice.

Rappelons enfin pour l’anecdote que le système de soufflerie au sol installé par les Allemands, déjà révolutionnaire à l’époque, fonctionne encore aujourd’hui. La Ville de Metz ne paye d’ailleurs que douze mille euros de chauffage par an pour tout le vaisseau de pierres.

Rédigé par Thomas RIBOULET

Président-fondateur du Groupe BLE Lorraine et Rédacteur en Chef de BLE Lorraine.

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