A l’initiative du Groupe BLE Lorraine et organisée conjointement avec les Amis du Vieux Mousson, les Amis du Saulnois et de son patrimoine et en partenariat avec la section sarrebourgeoise de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Lorraine, la seconde édition des Rencontres des Langues Régionales de Lorraine a permis à la cinquantaine de participants réunis à la Salle des Fêtes de Coutures à Château-Salins de replonger dans l’univers de nos langues. Un retour aux sources qui leur a permis de prendre conscience de leur richesse et du rôle essentiel qu’elles jouent dans la compréhension et l’expression du monde qui nous entoure.

C’est en substance le message qu’a fait passer Thomas RIBOULET, Président du Groupe BLE Lorraine, dans son discours d’ouverture au sujet de ce patrimoine culturel et immatériel aussi précieux que fragile. Marqueurs de ce qui nous caractérise en tant que groupe social et humain, mais aussi passeport économique pour travailler et commercer avec les autres peuples, les langues régionales de Lorraine sont pourtant menacées de disparition, comme près de la moitié des 7 000 autres langues parlées sur Terre selon l’Organisation des Nations Unis. D’où l’absolue nécessité de les faire connaître auprès des Lorrains eux-mêmes car comme le dit l’adage, on ne préserve bien que ce que l’on connaît bien. C’est justement l’un des objectifs de ces rencontres qui ont été ponctuées samedi dernier par plusieurs conférences et ateliers participatifs à parité entre Lorrain roman et Francique lorrain. Ou comment revenir à la racine de nos langues, ou à la langue de nos racines, pour mieux échanger, dialoguer, découvrir et apprendre de l’autre. Car la Lorraine est depuis des millénaires une terre de passage et un carrefour linguistique.
Roger RICHARD fait vivre le Parler du Pays de la Seille (Crédits vidéo : Groupe BLE Lorraine)
Les langues de Lorraine sont d’ailleurs comme une porte ouverte sur notre histoire et sur notre culture. Et c’est généralement aux frontières, aux seuils des portes qu’il se passe toujours les choses les plus intéressantes. Dialoguer et découvrir, oui, mais aussi écouter et entendre. C’est dans ce registre que Roger RICHARD, Président des Amis du Saulnois et de son patrimoine, a fait revivre le Parler du Pays de la Seille à travers une conférence authentique, vivante et poignante. Il a ainsi emmené l’assistance avec lui pour mieux la replonger dans ses souvenirs personnels et la faire voyager dans les chants qui resonnaient autrefois dans nos campagnes. L’intervention de Jean-Baptiste Picard fut de même remarquée et remarquable. Celui qui pratique couramment le Lorrain roman, plus particulièrement le Parler de Neufchâteau et de ses environs, a livré les résultats et la méthode d’un travail prodigieux d’archéologie linguistique. Fruit de plusieurs années de recherches dans les livres, les documents d’archive ou encore les cadastres pour retrouver les mots et la prononciation, il a ainsi réussi à ressusciter ce Lorrain roman pour le parler aujourd’hui quotidiennement avec ses enfants. Cela constitue une immense source d’espérance pour l’avenir de cette langue.

Le Francique lorrain ne fut pas non plus en reste. Entre temps, Jean-Marie Bour, Président de l’association Steinhart Terre d’origine, avait en effet fait découvrir son coin de Lorraine qui gagne à être connu. Il a également pu témoigner des difficultés et des obstacles que rencontrent les locuteurs plattophones. Serge Klein a ensuite retracé les moments importants et les traumatismes vécus par le Platt dans l’histoire de l’Antiquité jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

La journée a enfin été une formidable occasion pour échanger, prendre des contacts et mettre en réseau les acteurs de nos langues régionales autour d’un verre de l’amitié et d’un pique-nique convivial. Pour mieux ouvrir de nouvelles perspectives et esquisser la troisième édition des Rencontres des Langues Régionales de Lorraine !
