Construit en 1910, en remplacement d’un autre orgue installé en 1882, l’orgue de l’église abbatiale de Gorze est l’œuvre du facteur Haerpfer. Son décor sculpté s’inspire du gothique rhénan. On y trouve en effet des pinacles, des anges musiciens ou encore des blasons dans le goût des maisons germaniques du XVème siècle.
La rosace présentée ci-dessous est une merveille d’ébénisterie. On y remarque huit écoinçons en accolade. Quatre d’entre eux ont la pointe tournée vers le centre. Les quatre autres pointant, au contraire, vers l’extérieur. Personnellement, j’aime beaucoup ce jeu des formes. Je ne peux d’ailleurs m’empêcher d’y voir quelques symboles. Quatre écoinçons, comme les quatre points cardinaux. Nord, Sud, Est et Ouest. Une rose des vents, presque mystique, et qui nous pousserait presque à aller tâter de la grandeur du monde, pour reprendre une expression de Marguerite Yourcenar. Quatre autres écoinçons, qui peuvent nous faire songer aux quatre saisons aussi. Vivaldi, si l’on veut. Printemps, été, automne et hiver. Le temps qui passe. Et le temps à venir. L’horloge. Ou le sablier. L’année qui s’achève. Et celle qui va bientôt pointer le bout de son nez.

Un détail, un simple détail, sur l’orgue de la collégiale de Gorze, et qui nous offre une saine méditation sur le temps et l’espace.


L’orgue de la basilique Saint-Vincent de Metz a dernièrement été restauré. Muet depuis plusieurs décennies, cet instrument exceptionnel de 54 jeux, reconstruit en 1964 par la manufacture Haerper Erman, a fait l’objet d’une restauration ambitieuse. Celle-ci a nécessité le démontage complet de l’orgue, un nettoyage minutieux, la réparation des mécanismes, la restitution de la tuyauterie, ainsi que la modernisation des systèmes.
Rappelons que la basilique Saint-Vincent, second plus vaste édifice religieux de la ville après la cathédrale, est un joyau gothique et néoclassique. Lieu de pèlerinage dès le Xème siècle, l’abbaye bénédictine Saint-Vincent de Metz a attiré fidèles et visiteurs du Nord de l’Europe grâce à ses reliques de Saint Vincent et de Sainte Lucie. Rebâtie en 1248 dans un style gothique champenois et consacrée en 1376, elle a subi de nombreuses catastrophes. Incendies, effondrements et foudre ont ainsi marqué son histoire millénaire. Sa façade néoclassique date de 1776. Transformée après la révolution en prison, hôpital et magasin, elle est redevenue église en 1803, puis basilique en 1933. Désaffectée depuis 2012, elle est aujourd’hui un espace culturel municipal.