Le Carreau de la mine de Faulquemont a dernièrement été labellisé « Architecture contemporaine remarquable » par le ministère français de la culture. La distinction permet de mettre en valeur le patrimoine des XXème et XXIème siècles.
Témoin matériel de l’évolution technique, culturelle et sociale de la Lorraine, le Carreau de la mine de Faulquemont est ainsi honoré pour la beauté de ses bâtiments et la réussite de sa reconversion économique. Les peintures qui orne son entrée, énorme volume percé sur trois niveaux pour figurer la monumentalité, préfiguraient déjà la propagande stalinienne en présentant le mineur comme un homme fort, symbole d’une industrie puissante. Terminés en 1936, les bâtiments sont l’œuvre de l’architecte Léon-Joseph Madeline. Celui-ci a imaginé le site comme un château classique en le dotant d’une allée cavalière bordée d’arbres, de deux grands piliers à l’entrée, d’un gazon aux motifs géométriques, d’un pavillon central et d’ailes latérales avec un retour sur le côté. La perspective est soignée et complète. L’ensemble, d’une grande homogénéité et aux lignes épurées, est unique en son genre en Lorraine et en France.
Depuis la fin des mines et de la sidérurgie, le Carreau s’est reconverti tout en conservant son esprit industriel. Il accueille désormais un centre de formation spécialisé dans les engins de chantier, l’AFPA (Association pour la Formation Professionnelle des Adultes), le cabinet Wilhem et le conservatoire automobile.
Rappelons enfin qu’en Moselle une vingtaine de sites ont été être labellisés « Architecture contemporaine remarquable », à l’image de Bataville, du quartier du Wiesberg à Forbach ou encore de l’Anaconda au Parc Walygator à Maizières-lès-Metz pour l’avancée techniques que ces montagnes russes en bois constituaient à l’époque.


Un centre de formation des sapeurs-pompiers a dernièrement été créé sur le site de l’ancien carreau de la mine de Faulquemont. Celui-ci a été aménagé dans un bâtiment autrefois occupé par l’administration des Houillères du Bassin de Lorraine (HBL) qui a été entièrement réhabilité après un investissement de 920 000 euros. Les sapeurs-pompiers y disposent désormais de salles de cours, de douches et de vestiaires répartis sur 900 mètres carrés. Une piste d’auto-école a également été réalisée. Une plateforme de formation au secours routier destinée à l’entraînement aux manœuvres de désincarcération sur des véhicules lourds (camions, transports en commun, etc.) devrait aussi voir le jour à terme.
Rappelons que la mine de Faulquemont a employé jusqu’à 3 000 mineurs dans les années 1960, avant de fermer ses portes en 1974. Son carreau a depuis été reconverti. Avant les sapeurs-pompiers, le centre Raymond Bard, spécialisé dans la formation des métiers du BTP et les engins de chantiers, s’y était déjà installé et accueille près de 5 000 stagiaires chaque année. Le conservatoire automobile de l’association Club Auto Rétro 57 de Créhange y présente et y entrepose depuis 1993 plus d’une centaine de véhicules sur 2 600 mètres carrés, notamment dans l’ancienne salle des pendus, là où se changeait à l’époque les mineurs. A noter enfin que le carreau de la mine de Faulquemont héberge aussi l’association des véhicules militaires CLVMA et les Taxis Antoine.
Je trouve regrettable que les deux tours qui abritaient les chevalets aient été détruites. C’était aussi une architecture unique. Je n’ai jamais compris cette décision.