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Art roman à la Chapelle Saint-Nicolas de Morlange

Art roman à la Chapelle Saint-Nicolas de Morlange
Crédits Photo : détail de la Chapelle de Morlange (Raoul GILIBERT pour le Groupe BLE Lorraine)

Un trésor de l’art roman se cache à dix kilomètres à l’Ouest de Diddenuewen (Thionville), à Murléngen (Morlange), ancienne commune appartenant aujourd’hui à Fameck. Il s’agit de la Chapelle Saint-Nicolas. Datant du XIIème siècle, sa pierre de Jaumont resplendit toujours dans les vallonnements du Krebsbach, jadis recouverts de vignes, sur lesquels l’édifice est adossé.

La Chapelle est l’un des plus beaux exemples de l’art roman en Lorraine. Telle une petite perle aux murs épais, aux voûtes puissantes. Aux belles rondeurs romanes répondent les premières expériences gothiques. Les ogives du chœur s’envolent, mais bien timidement. C’est touchant. Mais ce qui impressionne le plus, c’est surtout le foisonnement sculpté qui anime l’ensemble de l’édifice. Bien peu de scènes bibliques, mais une foule d’anecdotes, de visages, de personnages qui se planquent dans une corniche ou au contraire valdinguent ouvertement sous les yeux du profane. Deux immenses serpents rampent sur la corniche du transept. Deux jolies portes aujourd’hui aveugles sont décorées de charmants motifs végétaux.

Le mémoire de maîtrise de Nadine Frey, présenté en 1985, sous la direction de Mme Burnand et de M. Bur, à l’Institut d’histoire et d’art de Nancy, met en lumière une multitude de détails surprenants et intéressants. Il ne faut pas non plus oublier l’histoire de la chapelle, intimement liée au Prieuré de Gorze et au Château Renard, ainsi que toutes les légendes qui y sont rattachées. Construite par les moines Bénédictins du Prieuré de Gorze, elle fut en effet aussi habitée par les Templiers et détruite plusieurs fois entre 1186 et 1648. Après la Guerre de Trente Ans, les Frères Barbier, ermites, l’ont sommairement restaurée avant d’être reprise en bail emphytéotique en 1746 par le Maire de Morlange, Ambroise Varnier.

La chapelle fut classée aux Monuments Historiques le 31 janvier 1845. Prosper Mérimée écrivit à son sujet qu’elle paraissait « mériter un intérêt particulier ». Sa restauration ne commença cependant qu’en 1869 pour être achevée pendant l’Annexion par les autorités allemandes.

Ernest VARNIER, Président de l’Association Patrimoine et Mémoires d’Amnéville, pour le Groupe BLE Lorraine.

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