Quatre sites, quatre époques et quatre histoires. Le Loto du Patrimoine 2026 offre une vitrine supplémentaire de la diversité du patrimoine lorrain. Pour sa neuvième édition, la liste des cent sites départementaux de la Mission Patrimoine portée par Stéphane Bern a en effet retenu quatre nouveaux sites lorrains, à raison d’un par département, à savoir : le château d’Haroué en Meurthe-et-Moselle, l’Hôtel des Fermes à Ligny-en-Barrois en Meuse, les rochers rupestres sculptés du Bitscherland en Moselle et la ferme du Bois des Fourrières à Mandray dans les Vosges. Dévoilée le 31 août 2026, cette sélection permettra à ces édifices et vestiges menacés de bénéficier du produit des jeux Mission Patrimoine.
Le château d’Haroué, joyau du XVIIIème siècle
En Meurthe-et-Moselle, le château d’Haroué constitue sans doute le site le plus prestigieux de cette sélection. Edifié entre 1720 et 1732 pour Marc de Beauvau-Craon, il est l’œuvre de l’architecte Germain Boffrand. Surnommé le « petit Chambord lorrain », il associe une architecture classique du XVIIIème siècle aux vestiges d’un château médiéval, dont il conserve des tours et les douves. Ses célèbres 365 fenêtres, 52 cheminées et 12 tours symbolisent les jours, semaines et mois de l’année. Le programme de restauration doit notamment traiter les douves, les ponts, les soubassements, les menuiseries et certains secteurs fragilisés du monument, tandis que la restauration du salon chinois se poursuit.

L’Hôtel des Fermes, mémoire Renaissance de Ligny
En Meuse, l’Hôtel des Fermes de Ligny-en-Barrois constitue un témoignage exceptionnel de la Renaissance. Il conserve en effet les traces d’une histoire urbaine remontant à la seconde moitié du XVIème siècle. Cet hôtel particulier d’environ 800 mètres carrés pourrait avoir été un ancien palais lié à la famille de Luxembourg. Ses remarquables décors sculptés et certains éléments portant les initiales d’Antoine de Luxembourg et de Marguerite de Savoie alimentent cette hypothèse. Aujourd’hui fortement dégradée, la demeure souffre de problèmes de toiture, d’infiltrations, sur ses façades et sur ses menuiseries. Acquis en 2022 par Alain Bertaud, spécialiste de la restauration patrimoniale, le bâtiment doit faire l’objet d’une importante campagne de sauvegarde. L’idée est d’y créer à terme des chambres d’hôtes.
Les mystérieux rochers gallo-romains du Bitscherland
En Moselle, le Loto du Patrimoine s’intéresse à un patrimoine beaucoup plus ancien. Dans les forêts de Lemberg et Roppeviller se trouvent en effet quatre rochers rupestres sculptés dans le grès qui datent de l’Antiquité gallo-romaine. Ces vestiges, vieux de plus de 2 000 ans et uniques dans l’Hexagone, sont directement menacés par l’érosion naturelle et les actes de malveillance. Leur restauration doit s’accompagner de mesures de protection et d’une meilleure mise en valeur pour les visiteurs.
Une ferme vosgienne menacée d’effondrement
Enfin, dans les Vosges, la ferme du Bois des Fourrières, à Mandray, témoigne de l’architecture rurale traditionnelle des Hautes-Vosges. Construite en 1813, elle présente notamment une façade en grès rose richement décorée et ornée de nombreux symboles. Après des décennies d’abandon, l’édifice est aujourd’hui menacé. Des travaux d’urgence ont déjà été entrepris en 2025. La restauration doit désormais s’attaquer à la charpente, à la couverture, à la zinguerie, aux maçonneries, aux menuiseries et aux façades. Le chantier est programmé à partir du printemps 2027, avec une fin prévisionnelle en 2028.
A travers ces quatre projets sélectionnés pour le Loto du Patrimoine 2026, c’est toute la diversité du patrimoine lorrain qui se trouve ainsi mise en lumière : architecture princière, patrimoine urbain, vestiges antiques et habitat rural. Une nouvelle occasion de rappeler que le patrimoine ne se résume pas qu’aux grands monuments. Il constitue aussi la mémoire vivante des territoires et de leurs habitants.