Située à Antilly, en Pays Messin, au carrefour de la petite Route de Buy qui mène au château, la Croix de Buy a été érigée en 1857 en mémoire de Charles-Auguste Ancillon de Buy (1803-1857), dont la famille fut propriétaire du château durant le XIXème siècle. Charles-Auguste Ancillon de Buy décéda en effet à cet endroit le 27 septembre 1857 d’un accident de cheval.
Après une formation à l’école militaire de Saint-Cyr, Charles-Auguste avait intégré le Régiment des Cuirassiers du Dauphin en qualité de Sous-Lieutenant. Promu Lieutenant en 1828, puis Capitaine en 1832, il fut nommé Chef d’escadron dans le 1er Régiment de Cuirassiers en 1849. Il fut fait Chevalier de la Légion d’Honneur le 15 avril 1850 et reçu sa décoration des mains de Louis-Napoléon Bonaparte, alors président de la République.

Renversée par un véhicule il y a des années, la Croix de Buy resta longtemps ruinée dans un bosquet au milieu du carrefour. Mais le monument a été entièrement restauré il y quelques temps et des jeunes arbres ont été plantés autour. On peut encore lire sur son socle, malgré l’usure du temps : « A la mémoire de Charles-Auguste Ancillon de Buy, commandant de cavalerie, chevalier de la Légion d’Honneur décédé à l’âge de 55 ans, le 27 septembre 1857. Priez pour lui. Veillez car vous ne savez pas l’heure à laquelle le Seigneur doit venir. Pia uxor curavit ». La locution finale « Pia uxor curavit » signifie réalisé par sa pieuse épouse.
Situé à l’Ouest du village, le château de Buy est quant à lui un ancien logis seigneurial de plan rectangulaire, entouré d’un mur de clôture flanqué de quatre pavillons d’angle. Ces derniers furent percés de meurtrières à l’époque de la Réforme, vers 1560, témoignant de la fonction défensive initiale de l’édifice. A l’origine maison forte, le château fut entièrement reconstruit au XVIIème siècle. Il adopta alors une architecture plus résidentielle, caractérisée par une façade symétrique de trois niveaux percée de cinq travées de fenêtres, surmontée d’une haute toiture en ardoise. Les dépendances sont constituées d’un long bâtiment bas prolongeant le corps principal sur son côté droit. Les vestiges de l’enceinte, les quatre tours d’angle, dont celle abritant le colombier, ainsi que le puits situé dans la cour du château sont inscrits à l’Inventaire des Monuments historiques depuis 1997.
L’enceinte du château est divisée en deux propriétés depuis 1970. Le manoir de Buy, anciennes écuries, a accueilli depuis les années 1990, restaurant, discothèque puis lieu de divertissement pour adultes. Aujourd’hui, les lieux ont été rachetés et proposent un espace d’accueil pour vos événements entre collègues, en famille ou entre amis, séminaires et locations saisonnières.
La seigneurie de Buy appartient jusqu’en 1602 à la puissante famille messine des Heu. Au cours de la première moitié du XVIIème siècle, le château passe ensuite entre les mains des familles protestantes Saint-Aubin et Le Duchat, toutes deux issues de la bourgeoisie marchande de Metz. Vers 1656, Louis Maillet devient propriétaire du domaine. Par la suite, la seigneurie est partagée et le château connaît de nombreux propriétaires successifs, parmi lesquels Jean Tiersant, président aux requêtes du Palais de Metz ; Claude-Nicolas Perrain de Buy, receveur des deniers patrimoniaux de la Ville de Metz et Jean-Nicolas-Etienne de Bock, Lieutenant des Maréchaux au département de Thionville et Gouverneur de Sierck.
Peu avant la révolution française, Auguste-Charles-Louis Ancillon de Jouy, conseiller au Parlement de Metz, acquiert la seigneurie de Buy. Le château demeure ensuite dans la famille Ancillon durant tout le XIXème siècle, époque de notre Charles-Auguste Ancillon décédé dans un accident de cheval, avant d’être transmis par héritage, en 1887, au Comte Marie-Victor Vernou-Bonneuil.