Très abîmées en raison d’infiltrations d’eau, les peintures murales de l’église de Lamorville, petit village de Meuse situé près de Saint-Mihiel, risquaient de disparaître. Œuvres de l’artiste italien Duilio Donzelli (1882-1966), elles ont fait l’objet de travaux de restauration et sont désormais sauvées.
Représentant un investissement de plusieurs dizaines de milliers d’euros, les travaux ont consisté à assécher les murs qui accueillent les peintures, à dépoussiérer les fresques et à combler les manquements picturaux. Le chœur de l’église est orné d’un trône de grâce, tandis que les ouvertures de l’abside sont encadrées de cariatides. Les murs latéraux sont décorés d’anges adorant le Sacré Cœur, le pain et le vin. Sainte Marie-Madeleine, patronne de l’église de Lamorville, figure quant à elle sur l’arc triomphal, regardant Jésus après sa résurrection.
L’église Sainte Marie-Madeleine de Lamorville a été reconstruite en 1922 sur les vestiges de l’édifice primitif qui a été entièrement été détruit en 1914. Duilio Donzelli a beaucoup travaillé pour redonner vie aux églises de la Meuse dévastées par la Première Guerre mondiale. Son style pictural imite la technique de la mosaïque par l’emploi de touches colorées carrés. Les fresques de Lamorville ont été peintes durant l’entre-deux-guerres, période pendant laquelle l’artiste a résidé en Lorraine. Duilio Donzelli a réalisé une cinquantaine de décors peints et de sculptures en Meuse. Un itinéraire relie les différents sites à travers tout le département. Inauguré en 2019, il attire de nombreux touristes et curieux.
A noter enfin que quatre églises se trouvent sur le ban de la commune de Lamorville, ainsi que l’Abbaye Notre-Dame de l’Etanche, également classée aux Monuments Historiques et qui fait l’objet d’un beau projet de restauration.


Une fresque attire notre attention dans l’abside de l’église de la Décollation de Saint Jean-Baptiste de Dieue-sur-Meuse. Sur le plafond du chœur se dressent en effet une série de personnages qu’il faut prendre le temps d’observer. Il y a là, au centre, le Christ de gloire, installé sur un trône duquel émanent des rayons de lumière. Deux anges s’apprêtent à le couronner. A sa droite se tient la Sainte Vierge, drapée de bleue et regardant son fils. A sa gauche, c’est Jean-Baptiste, le dernier des prophètes, celui qui aurait dit du Christ, son cousin, qu’il était « l’agneau de Dieu ». Quatre autres personnages figurent encore sur la scène. Il s’agit, de gauche à droite, des Saints Luc, Matthieu, Jean et Marc, les quatre évangélistes reconnaissables ici aux figures qui les accompagnent, à savoir respectivement, le taureau, l’ange, l’aigle et le lion. Une série de médaillons orne l’archivolte. Ils sont décorés du chrisme, c’est-à-dire du monogramme du Christ, de la croix, mais également des lettres grecques Alpha et Oméga, lesquelles font référence à la parole du Christ : « je suis le début et la fin, l’alpha et l’oméga ». Le fond, traité en petites touches carrées, rappelle quant à lui les mosaïques que l’on trouve à Ravenne ou dans certaines églises de Sicile.
Ces clés de lecture permettent d’admirer cette magnifique fresque peinte dans les années 1930 par Duilio Donzelli, un artiste né en Italie en 1882, mort à Valence en 1966 et auquel on doit les décors peints de plusieurs églises de Meuse, notamment à Apremont-la-Forêt, Cierges-sous-Montfaucon, Kœur-la-Grande, Lérouville, Rouvrois-sur-Meuse, Vaubecourt, Saint-Maurice-sous-les-Côtes et dans une trentaine d’autres lieux.
Une petite merveille donc, qu’il faut prendre le temps d’observer pour ensuite partir à la découverte de cet artiste emblématique de l’entre-deux guerres lorrain.