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Histoire de Saint Goeury en Lorraine

Miniature de Saint Goëry dans l'Evangéliaire pourpre, XVème siècle (Crédits photo : Bibliothèque médiathèque d'Epinal)

Bien connu des Spinaliens, un peu oublié des Messins, Saint Goeury, également appelé Goëri, Goeuric ou encore Goéry, fut évêque de Metz de 629 à 647. Successeur de l’évêque messin Saint Arnould, Saint Goeury serait issu d’une ancienne famille originaire d’Aquitaine.

On pense qu’il serait né autour de l’an 570, dans la région d’Albi. Après avoir fait carrière dans le métier des armes, Goeury serait devenu gouverneur de l’Albigeois. Mais, devenu aveugle, il renonça à ses charges politiques pour embrasser une carrière religieuse. La légende veut que, à l’occasion d’une visite qu’il aurait rendue à Saint Arnould, il aurait retrouvé miraculeusement la vue grâce à l’imposition d’une pierre qui avait recueilli le sang de Saint Etienne, le premier martyr chrétien. En remerciement, Goeury aurait fait bâtir, juste à côté de la cathédrale de Metz, l’église Saint-Pierre-aux-Images, laquelle sera détruite en 1755, lors des travaux d’aménagement de la Place d’Armes.

Ordonné prêtre, Goeury finit par se hisser aux plus hautes dignités. En 627, il succède à Saint Arnould et devient, de fait, le trentième évêque à s’asseoir sur le trône de Saint Clément. Marié avant d’être ordonné prêtre, Goeury avait deux filles prénommées Précie et Victorine. Afin qu’elles puissent mener une vie chaste, pieuse et retirée du monde, Goeury leur aurait fait édifier l’abbaye d’Epinal, sur des terres qui, à l’époque, relevaient de l’évêché de Metz.

Saint Goeury Epinal
Autel aux reliques et peinture de Saint Goeury en la basilique Saint-Maurice d’Epinal (Crédits photo : G. Garitan)

Homme d’influence et d’esprit, Goeury a entretenu une importante correspondance avec son homologue, l’évêque de Cahors. Plusieurs de ses lettres nous sont d’ailleurs parvenues. Elles témoignent, derrière leur style quelque peu ampoulé, des relations et du rayonnement de l’évêché de Metz au Moyen-âge.

Très certainement décédé le 19 septembre 644, Saint Goeury fut inhumé dans l’abbaye Saint-Symphorien, près de Metz. Le 21 juin 984, ses reliques, à l’exception de son crâne, furent transférées à Epinal. De fait, Saint Goeury devînt patron du chapitre des chanoinesses d’Epinal puis, dès la fin du Moyen-âge, il s’imposa comme saint patron de la ville elle-même. Un tableau datant de 1725, et conservé dans la basilique Saint-Maurice, à Epinal, nous représente le saint entouré de ses deux filles. C’est certainement l’une des très rares représentations de Saint Goeury. Peut-être même la seule peinture qui nous représente le saint !

Supplanté, dans le calendrier moderne, par Sainte Emilie, le culte à Saint Goeury est à peu près tombé dans l’oubli. Autrefois pourtant, les paysans de Lorraine se plaisaient à dire que la « pluie de la Saint-Goeury annonce la cherté de la vie ». Un bien curieux proverbe, venu tout droit d’une époque où Goeury était encore un prénom répandu dans nos campagnes.

Rédigé par Kévin GOEURIOT

Historien de la Lorraine, écrivain et professeur d’histoire-géographie pour le Groupe BLE Lorraine.

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