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Du nouvel or bleu de la Lorraine

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L'eau contenue dans les anciennes galeries de mines pourrait devenir le nouvel or bleu de la Lorraine (Crédits image : Groupe BLE Lorraine)

Après l’hydrogène, l’eau ? Depuis l’arrêt de l’exploitation du minerai de fer en Lorraine il y a des dizaines d’années, l’eau a progressivement envahi les galeries de mines jusqu’à constituer aujourd’hui un gigantesque réservoir de 450 millions de mètres cubes. Alors que le dérèglement climatique exacerbe la ressource en eau qui se fait de plus en rare avec les épisodes de sécheresses et de canicules à répétition, cette nouvelle richesse souterraine pourrait représenter un or bleu pour la Lorraine. Et constituer une véritable revanche pour le bassin ferrifère lorrain !

Rappelons qu’à partir du milieu du XIXème siècle, l’extraction du minerai de fer a connu un développement sans précédent en Lorraine. A tel point que les exploitants étaient contraints de pomper les eaux d’infiltration pour éviter l’ennoyage des galeries. Ces eaux souterraines pompées, appelées eaux d’exhaure, présentaient des volumes supérieurs à ceux du minerai de fer extrait. Si bien que ces mêmes exploitants étaient en quelque sorte avant tout des producteurs d’eau !

On estime de nos jours à 40 000 kilomètres le réseau de galeries de mines de fer laissé en héritage à la suite de la fin de l’exploitation, soit la circonférence de la Terre ! Plus de quatre milliards de tonnes de minette lorraine ont été sorties du début jusqu’à la fermeture des mines de fer. Cette extraction a ainsi laissé des vides immenses qui ont été comblés par les eaux d’infiltration depuis l’arrêt du pompage et l’ennoyage ordonné par les autorités. D’où cet immense réservoir de 450 millions de mètres cube d’eau qui dort sous les pieds des habitants du Nord lorrain. Ce volume, renouvelable par l’eau de pluie, représente l’équivalent de quarante ans de consommation d’eau potable pour l’ensemble des plus de 230 000 habitants de l’Euro-métropole de Metz. Et tout cela sans compter le volume d’eau contenu dans les galeries souterraines de l’ancien bassin houiller lorrain et qui remonte progressivement à la surface !

Néanmoins, seuls cent millions de ces 450 millions de mètres cube de cet or bleu seraient au maximum exploitables en l’état actuel des connaissances selon le Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM). Plusieurs contraintes sont en effet avancées. A commencer par le risque d’un nouveau pompage intensif qui pourrait causer des désordres structurels, voire l’effondrement des anciennes galeries de mines. Il convient ensuite de ne pas affecter le débit minimum biologique des cours d’eau. Il faut en effet savoir que le trop-plein des réservoirs miniers est déversé via des exutoires dans les rivières et les ruisseaux de la région, afin de maintenir leurs débits. Dans le contexte de l’après-mine des années 1990, des travaux souterrains importants ont ains été réalisés, notamment à Moyeuvre-Grande et à Knutange, pour contrôler et diriger les eaux d’exhaure vers l’extérieur. Le problème de la pollution doit enfin être traité pour rendre ces eaux propres à la consommation humaine. Outre l’apparition de pesticides, encore en quantités résiduelles, cette pollution provient surtout de l’oxydation au contact de l’air et de l’eau de minéraux sulfurés à l’image de la pyrite. Ces réactions chimiques ont conduit à la libération d’une grande quantité de sulfates aussi bien pendant l’exploitation que pendant l’ennoyage des mines de fer. Ces sulfates se retrouvent dans les réservoirs souterrains constitués et les cours d’eau. Leur concentration a toutefois tendance à diminuer avec le temps, même si le phénomène accuserait un certain ralentissement par rapport aux premières années en raison du dérèglement climatique. L’explication serait le manque de précipitations régulières car l’abaissement de la concentration des sulfates nécessite une vidange régulière des réservoirs souterrains rendue possible par l’infiltration des eaux de pluie. Cela dit, les relevés dans certains secteurs suffisamment renouvelés témoignent déjà de taux proches, voire en-dessous de la limite de potabilité de l’eau. C’est la raison pour laquelle des habitants de l’agglomération de Thionville (voir : Diddenuewen en Francique lorrain) consomment déjà une petite quantité des eaux d’exhaure des anciennes mines de fer de Metzange qui sont devenues propres à la consommation.

Rédigé par Thomas RIBOULET

Président-fondateur du Groupe BLE Lorraine et Rédacteur en Chef de BLE Lorraine.

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