Et si l’ancienne mine de fer de Metzange, hameau de la commune de Thionville (Diddenuewen en Francique lorrain), se transformait en mine d’or à l’heure des sécheresses répétées causées par le dérèglement climatique ? L’Agence Régionale de Santé (ARS) a en effet dernièrement donné son autorisation pour exploiter les eaux d’exhaure qui en sortent. De quoi assurer à Thionville et aux communes autour l’accès à une ressource en eau précieuse qui doit être rendue moins calcaire par la construction très attendue d’une usine de décarbonation.
Il faut dire qu’avec le temps et depuis son ennoyage, la mine de Metzange a vu ses eaux d’exhaure perdre de leur concentration en sulfate et devenir potables. Leur exploitation représente 2,8 millions de mètres cubes par an. Une quantité suffisante pour alimenter la ville de Thionville, mais aussi ses communes périphériques, voire les territoires voisins. Une manne que la collectivité du Nord lorrain entend profiter. C’est la raison pour laquelle elle n’a pas attendu l’agrément de l’ARS pour réaliser des travaux sur le réseau d’alimentation pour améliorer le débit de l’ancienne mine de fer de Metzange. L’agglomération a ainsi déjà investi 4,5 millions d’euros pour nettoyer et redimensionner les conduites, mais aussi pour raccorder le site à l’usine de traitement de la Briquerie à Thionville.
Néanmoins, l’investissement le plus important à prévoir reste la construction d’une unité de décarbonation. Estimée à l’heure actuelle à quinze millions d’euros, celle-ci doit être opérationnelle en 2029. Les eaux d’exhaure de l’ancienne mine de fer de Metzange ne seront pas entièrement dévolues au réseau d’eau potable. Une partie est en effet destinée à alimenter le ruisseau Veymerange pour éviter qu’il ne soit asséché. Aujourd’hui, les eaux d’exhaure de Metange ne coulent pas dans le réseau ménager et l’agglomération continue encore d’acheter en grande partie son eau ailleurs. Véritable revanche après l’ennoyage du bassin ferrifère lorrain, l’exploitation du gisement de Metzange doit justement permettre à la collectivité de devenir autonome en la matière et à un coût maîtrisé.
Les communes de Manom, Terville et Thionville seront connectées dans un premier temps à la nouvelle station de production. Cela sera ensuite au tour des communes de Basse-Ham, de Florange, d’Illange, de Kuntzig, de Ranguevaux, de Serémange-Erzange, d’Uckange et de Yutz de l’être. En attendant, 1,5 millions d’euros doivent être investis en 2026 pour connecter la commune d’Illange à la station de production de la Briquerie à Thionville et 1,3 autres pour construire un réservoir d’eau près du fort de Guentrange, afin de sécuriser le réseau.

