Il est le passage presque obligé. L’ultime supplice de la vie lycéenne et la porte d’entrée du monde universitaire. Le baccalauréat, avec sa batterie d’épreuves, marque l’année scolaire et constitue un repère dans le cycle des mois. Il préfigure les grandes vacances et permet au lycéen, quand il est passé avec succès, de tourner une page symbolique et d’entamer un nouveau chapitre de sa vie.
Le nom tout d’abord. Premier diplôme universitaire, le baccalauréat tire son nom du bas latin baccalarius, qui désignait le jeune homme fraîchement adoubé, c’est-à-dire tout juste devenu chevalier. Mais ce mot, duquel fut formé le titre de « bachelier » serait lui-même une contraction des mots bacca et laureus, qui signifient littéralement « baie de laurier ». Devenir bachelier signifiait donc, à l’origine, être couronné de lauriers. Une plante qui, dans l’Antiquité, symbolisait l’intelligence et l’inspiration créatrice et qui continue d’orner l’arrière-plan des diplômes remis aux jeunes bacheliers.
En France, le baccalauréat apparaît dès le Moyen-âge. Forgé au sein de l’université de Paris, le terme désigne alors un grade intermédiaire entre le début des études et les doctorats en médecine, droit et théologie. Le diplôme n’apparaît en Lorraine que dans le courant du XVIème siècle. La création de l’université de Pont-à-Mousson, en 1572, par le Duc Charles III, transpose la plupart des grades universitaires de l’époque et l’université délivre alors un baccalauréat censé attester d’un certain niveau d’études.

En 1808, l’Empereur Napoléon Ier réorganise le baccalauréat, que la révolution française avait impitoyablement abrogé. Il fixe alors des règles strictes pour l’obtention de ce diplôme qui, à l’époque, s’organisait autour des cinq disciplines phares qu’étaient le droit, les lettres, la médecine, les sciences et la théologie. Bien sûr, en se saisissant de l’organisation des études, Napoléon entend surtout accaparer un rôle qui, jusque-là, était dévolu à l’Eglise. La première session du baccalauréat moderne a donc lieu en 1809. Elle ne compte que 31 diplômés, tous reçus sur examen oral !
Il faut en effet attendre les années 1830 pour que soient introduites les premières épreuves écrites. Celles-ci consistent alors en une version latine ou en une dissertation. Les fameuses mentions assez bien, bien et très bien n’apparaissent quant à elle qu’en 1840. En 1927, le baccalauréat de l’enseignement du second degré remplace les baccalauréats de l’enseignement classique et moderne. Pour autant, les sujets des épreuves restent rédigés, pendant de longues années encore, par les professeurs des facultés de lettres d’une part et de sciences, d’autre part.
Après la Seconde Guerre mondiale, la classe de terminale est divisée en trois sections : philosophie, mathématiques et sciences expérimentales. Elles seront remplacées en 1969 par les séries A, B, C, D et E. Il faudra attendre 1995 pour qu’apparaissent, pour le baccalauréat général, les séries Littéraire, Scientifique et Economique et Social.
Longtemps réservé à une élite bourgeoise, le baccalauréat s’est considérablement démocratisé. Si, à l’origine, le diplôme était censé valider les acquis de la future élite nationale, on peut dire qu’il est aujourd’hui un passeport que tout jeune se doit d’avoir pour débuter des études ou une carrière professionnelle. En 2008 en effet, pas moins de 64 % de la classe d’âge apte à passer le baccalauréat décrochait le précieux diplôme. On est loin, très loin des 31 reçus de l’édition de 1809.
Démocratisé, le baccalauréat n’en est pas moins longtemps resté réservé aux hommes. Si la Vosgienne Julie-Victoire Daubié est la première femme à avoir passé et obtenu le bachot en 1861, il faut attendre l’année 1924 et l’adoption de programmes mixtes pour que le diplôme soit officiellement ouvert à la gent féminine !
Une gent féminine qui, depuis, a largement fait honneur au diplôme et à la région. Rappelons simplement le nom de Marine LoIacono. Cette forbachoise de 17 ans a obtenu la meilleure moyenne de France lors de la session du baccalauréat de 2015. 21,05 sur 20 ! Un chiffre délirant qui s’explique par les options et les coefficients donnés à chacune des épreuves. Pour faire simple, notre jeune lorraine a obtenu 20 sur 20 dans toutes les disciplines !
Avec de tels résultats, Marine a quitté notre région pour rejoindre le prestigieux lycée Louis le Grand, à Paris. Après une Prépa maths, physique et science de l’ingénieur, la jeune femme se destine à Normale Sup. Gageons que l’avenir fera encore parler de cette Lorraine pleine de promesses. Et qui a su démontrer à qui veut l’entendre qu’à vaillant cœur de Lorrain, rien, ou presque, n’est impossible !