Un vautour fauve a dernièrement été repéré au domaine de Lindre et à Harprich, près de Morhange. Une présence inhabituelle et exceptionnelle qui n’est pas passée inaperçue puisque ce rapace, qui peut atteindre jusqu’à 2,7 mètres d’envergure, a semé l’effroi parmi les colonies de cigognes.
S’il vivait autrefois dans les Vosges au Moyen-âge, le vautour fauve se rencontre de nos jours habituellement dans les Pyrénées, les Alpes et dans le Massif central. Un jeune vautour fauve, vraisemblablement âgé de moins de trois ans, a pourtant atterri en Lorraine. Selon les spécialistes, l’hypothèse la plus probable est qu’il était pris dans un courant ascendant qui l’aurait déporté de son groupe ou de sa destination. Epuisé, le rapace se serait alors posé sur les bords de l’étang de Lindre pour reprendre des forces et ne pas mourir. Grands planeurs, les vautours fauves dépensent en effet énormément d’énergie lorsqu’ils sont pris dans des tempêtes.

Le jeune vautour aurait ensuite pris la direction de Harprich, où il se serait nourri de plusieurs cigogneaux âgés d’une cinquantaine de jours. De quoi semer la panique dans les colonies de ce village qui ne compte pas moins de 35 nids et une centaine de cigognes. Charognard, qui ne se nourrit donc quasi-exclusivement de carcasses d’animaux morts, le vautour fauve peut ingurgiter jusqu’à 1,5 kilogramme de viande par jour. Contrairement à d’autres rapaces, il ne possède pas de serres, ce qui signifie qu’il ne peut ni attraper ni tuer avec ses pattes. Il dévore plutôt ses proies grâce son bec crochu. Sa tête et son cou sont dépourvus de plumes, afin d’éviter qu’il n’attrape des infections lorsqu’il pénètre dans les corps en décomposition. A Harprich, le jeune vautour s’en est pris aux cigogneaux dans leurs nids car la stratégie de ces derniers face aux rapaces est de justement faire les morts.
A noter enfin qu’il est rare d’observer un vautour fauve solitaire. Une dizaine de jeunes vautours fauves s’étaient déjà égarés en Meuse il y a quelques années et près de quarante dans le Saintois en 2017. Toujours selon les spécialistes, l’individu qui s’est posé en Moselle devrait rapidement regagner son territoire d’origine.