Menu
in

La Lorraine est aussi une terre de cinéma

A l’instar de Paris, de la Provence et de la Bretagne, la Lorraine est terre de cinéma. Mais encore l’est-elle à sa manière. Discrètement. Humblement. A travers ces quelques festivals cinéphiles, notre région nous montre qu’elle sait accueillir et faire la part belle aux réalisateurs et autres marchands de rêves. Car la Lorraine a aussi servi de décor à de nombreux films. Elle a encore vu naître et grandir une quantité d’acteurs, de réalisateurs, d’inventeurs et de cinéphiles.

Marianne Oswald (Crédits photo : DR)

Saviez-vous par exemple que dès 1895 le Lorrain Marie-Joseph-Henry Joly déposait un brevet « d’appareil chronophotographique », ancêtre si l’on veut du cinématographe et qui semblait déjà n’avoir rien à envier à l’invention des frères Lumières ? Et que dire des acteurs et actrices Lorrains : André Weber, Marianne Oswald, Roger Nicolas, Georges Rollin ou, pour les plus jeunes, Isabelle Nanty et Titof ? Même Rintintin, le fameux chien, était Lorrain, puisqu’originaire de Flirey !

Si l’on passe de l’autre côté de la caméra, on voit que la Lorraine a également servie de décor à quelques jolis films. Parmi ces derniers, il faut citer Les Grandes Gueules, de Robert Enrico. Ce film, sorti en 1965, met en scène Bourvil et Ventura dans une scierie à haut-fer des Vosges. Autre film tourné en Lorraine, L’Héritier, de Philippe Labro qui, sorti en 1973, met en scène l’inénarrable Jean-Paul Belmondo. En 2008, le Nancéien Philippe Claudel réalisait Il y a longtemps que je t’aime, un drame familial dans lequel Kristin Scott Thomas donne la réplique à Elsa Zylberstein. Les scènes, tournées à Nancy, nous font voir la faculté de Lettres et la piscine Nancy-Thermal sous un angle poétique, presque mélancolique.

Est-il besoin de multiplier encore les exemples pour prouver que notre région entretient des liens étroits avec le septième art ? Acteurs, réalisateurs, festivals ont permis à notre région de se faire connaitre et de rayonner bien au-delà de ses frontières. Mais si notre région a su apporter au cinéma, il reste regrettable de constater que la réciproque n’est pas toujours valable. Le cinéma, en effet, s’est assez peu emparé de la Lorraine. La faute à notre climat, sans doute. Pourtant, n’allez pas me dire qu’une fresque historique qui porterait sur le grand écran la Bataille de Nancy, la vie romanesque d’un Jacques Callot ou encore le Colette Baudoche de Barrès n’aurait pas de quoi séduire le grand public !

Alors, chers réalisateurs de Lorraine et d’ailleurs, vous savez ce qu’il vous reste à faire ! Les scénarii sont là, les acteurs aussi. Ne reste plus qu’à dire « moteur » et « action » !

Rédigé par Kévin GOEURIOT

Historien de la Lorraine, écrivain et professeur d’histoire-géographie pour le Groupe BLE Lorraine.

Répondre

Quitter la version mobile