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Cérémonie patriotique à Mars-la-Tour

Cérémonie patriotique devant le monument aux morts de Mars-la-Tour

Si l’on pouvait remonter le temps d’un peu plus d’un siècle, on serait surpris de voir que, en plus de la Saint Roch, le 16 août correspondait pour nos aïeux à une fête patriotique remarquable. Le lendemain de la fête de l’Assomption, nombreux étaient ceux qui, au début du XXème siècle, convergeaient vers Mars-la-Tour et son célèbre monument patriotique.

Nos aïeux, qui avaient été pétris, dès la plus tendre enfance, de récits militaires et de discours patriotiques, savaient se souvenir de ces combats âpres et décisifs. Chaque 16 août, ils communiaient donc, à Mars-la-Tour, dans la seule commune du champ de bataille que le Traité de Francfort n’avait pas annexé à l’Allemagne. Là, au pied du monument sculpté par Bogino, qui représente la France en train de secourir un soldat blessé, ils chantaient la Marseillaise et s’abreuvaient de discours pompeux, faisant l’éloge de la patrie et rappelant qu’un jour, les Provinces perdues redeviendraient françaises.

Mars-la-Tour
Le monument aux morts sculpté par Bogino à Mars-la-Tour (Crédits photo : Aimelaime)

On a gardé d’assez nombreux clichés de ces manifestations. Qu’il s’agisse de cartes postales ou de simples photographies, tous nous montrent une réalité difficile à croire aujourd’hui. Au tournant du XXème siècle, l’église et les monuments de Mars-la-Tour bruissaient, chaque 16 août, d’une foule immense et bigarrée, faite de militaires, de Lorrains fidèles, de veuves et d’orphelins, d’officiels et de prêtres et aussi de politiques désireux de prendre leur revanche sur l’Allemagne.

En 1906, L’Echo de Lorraine relatait une de ces manifestations en ces termes :

« Le glorieux anniversaire des combats de Mars-la-Tour a été célébré par un temps superbe et en présence d’une affluence considérable. Un banquet a eu lieu à la mairie, sous la présidence de M. le Général Langlois, sénateur. »

Souvent, après le banquet, la foule se dirigeait vers l’église, puis vers l’imposant monument de Bogino. Certains poussaient la marche jusqu’à la frontière, pour aller voir les « casques à pointe » ou pour acheter une carte postale. L’anniversaire de la bataille, pour beaucoup, avait des allures de pèlerinage.

Rédigé par Kévin GOEURIOT

Historien de la Lorraine, écrivain et professeur d’histoire-géographie pour le Groupe BLE Lorraine.

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