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Sainte Marguerite et le dragon à Bar-le-Duc

Rue du Sac

La niche avec Sainte Marguerite et le dragon se trouve Rue du Sac à Bar-le-Duc (Crédits photo : Google Street View)

La ville de Bar-le-Duc est célèbre pour abriter un patrimoine remarquable, en grande partie hérité de la Renaissance. A deux pas du Pont Notre-Dame, au-dessus d’une élégante porte ancienne, on trouve une niche habitée par un curieux personnage qui paraît surmonter un dragon. De qui s’agit-il ?

On a plutôt l’habitude de voir, dans ces niches votives, une vierge à l’enfant ou encore un Saint Nicolas en train de ressusciter les trois marmots, tout en rappelant qu’il est le protecteur des Lorrains. Or, ici, on s’interroge. Un personnage et un dragon … Saint Clément ? Non. Il aurait été figuré dans ses vêtements d’évêques et le Graoully à ses pieds serait solidement enchaîné. Saint Michel ? Non plus. Il aurait des ailes d’archange et une lance ou une épée aurait déjà bien entamé le serpent. Qui, alors ?

Niche votive de Sainte Marguerite et le dragon à Bar-le-Duc (Crédits photo : Kévin GOEURIOT pour le Groupe BLE Lorraine)

Eh bien il faut lire et relire les textes anciens. Notamment la Légende dorée, ce texte rédigé au XIIIème siècle par Jacques de Voragine et qui fut, à l’époque, un véritable best-seller. Il nous parle, ce livre, des saints et de leurs miracles, de leurs vies et de leurs martyres.

Et parmi eux, il est une Sainte Marguerite qui aurait été avalée tout cru par un vilain dragon. Elle n’aurait jamais revu le jour si, au milieu des boyaux du monstre, elle n’avait décidé de brandir une croix, grâce à laquelle elle va déchirer le ventre du dragon et ainsi, revoir le jour. Sornettes diront les plus pragmatiques ! Mais la légende, comme toujours, se doit d’être lue à plusieurs niveaux. Le dragon représente tout simplement le paganisme. Marguerite a quitté l’ancienne religion en vénérant la croix. C’est aussi simple que cela.

Toujours est-il que ce miracle de la jeune fille sortant des entrailles d’un serpent va faire de Sainte Marguerite la patronne des sages-femmes et des femmes enceintes. Elle était couramment invoquée lors des accouchements difficiles. De la même manière que la sainte était parvenue à sortir du ventre du dragon, on espérait que les enfants sortent du ventre de leur mère sans encombre.

La statue barrisienne indique-t-elle qu’il s’agissait là de la maison d’une sage-femme ? Où d’une famille qui s’est placée sous la protection de Sainte Marguerite ? Pour pouvoir le dire, il faudrait remuer des tas de documents d’archives.

Rédigé par Kévin GOEURIOT

Historien de la Lorraine, écrivain et professeur d’histoire-géographie pour le Groupe BLE Lorraine.

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