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La pâtisserie, ce n’est pas toujours du gâteau !

La pâtisserie, ce n’est pas toujours du gâteau !
Crédits Photo : le Schneck est très apprécié en Moselle (Tepeyac)

Bons mangeurs et bons buveurs de tradition, les Lorrains ont aussi la réputation d’avoir la « gueule sucrée ». C’est-à-dire qu’il ne leur viendrait jamais l’idée saugrenue de clôturer un gueuleton sans un petit dessert !

Pourtant, chez nous, la « tarte française », qu’elle soit aux myrtilles, aux quetsches, ou aux mirabelles, ne se dit pas la « tarte » mais la « quiche » ou la « galette ». Excepté chez ces durs-à-cuire de Meusiens qui perpétuent la coutume d’une sorte de tarte recouverte d’une épaisse bouillie opportunément dénommée « tarte à la bolie ».

Les beignets, eux, se disent les « bugnes » s’ils sont levés, mais s’ils sont plats, on les nomme des « beignets secs ». Ils sont en tout cas toujours meilleurs truffés de petits zestes d’orange ou de citron.

Les « îles flottantes », qu’on nous sert à prix d’or dans toutes les gargotes hexagonales en panne d’imagination, s’appellent chez nous des « œufs à la neige », ce qui est tout de même plus conforme à la réalité que cette curieuse « île flottante » en forme d’iceberg flottant sur les eaux jaunâtres de ce qui ne saurait être que le célèbre Lac Titicaca. Le « fromage blanc » devient dans les Vosges, où les gamins ont toujours adoré jouer aux billes, la « chique », et en Moselle, où l’on raffole des inversions, le « blanc fromage ».

C’est aussi en Moselle que se déguste le « Strudel », du nom du chausson aux pommes allemand. Servez-le chaud avec force cannelle et un beau mamelon de chantilly ou de crème anglaise. C’est là, enfin, que les pâtissiers proposent toujours le « Schneck », ou escargot en Lothringer Platt, du fait de sa similitude avec la forme du gastéropode cornu, que l’on trouve précisément dans l’Est sous le nom d’« escargot » et à Paris sous l’appellation de « pain aux raisins ». Si je vous disais ce que désigne aussi la « Schneck » en Moselle, à moins d’être le fieffé coquin que vous êtes, vous n’en croiriez pas vos oreilles ! Contentez-vous donc de savoir que, contrairement à l’usage que vous en faites, normalement, elle ne se mange pas !

Jean-Paul BOSMAHER, professeur de lettres à la retraite et écrivain pour le Groupe BLE Lorraine.

M. BOSMAHER est l’auteur de plusieurs ouvrages de références sur la Lorraine, dont notamment le Parler Lorrain paru en 2014 aux Editions du Quotidien.

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