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Des scientifiques s’intéressent aux moules de la Moselle

Des scientifiques s’intéressent aux moules de la Moselle
Crédits Photo : les moules d'eau douce de la Moselle sont étudiées par les chercheurs de l’Université de Lorraine (Joel Berglund)

En partenariat avec Voies Navigables de France (VNF), l’Université de Lorraine étudie l’évolution des populations de moules dans la Moselle. Deux espèces invasives de ces mollusques bivalves sans intérêt gustatif sont répertoriées : la moule zébrée, ou dreissène, et la quagga. La moule d’eau douce est arrivée dans la Moselle en se fixant sur les bateaux qui naviguent sur les canaux. En provenance de la Mer Caspienne, la dreissène a pour la première fois été repérée dans les années 1850. De son côté, la quagga n’est là que depuis 2005. Elle a fait son apparition dans la Meuse et dans la Moselle, aussi bien en Lorraine qu’en Belgique et en Allemagne.

Afin de mieux prévoir le développement et l’impact de ces moules sur les écosystèmes et les activités économiques, des cages vont être installées d’ici fin septembre dans la Moselle à Liverdun, Pont-à-Mousson, Metz et Koenigsmacker. Ces dispositifs de prélèvement visent avant tout à comprendre l’augmentation assez nette observée depuis quelques années de la quagga, ainsi que sa réaction et son adaptation au milieu. Il faut dire que dans les lacs et les rivières, ces moules filtrent l’eau et par conséquent les polluants potentiels. Assez résistantes, elles sont ce que l’on appelle un outil intégrateur et constituent un bon indicateur de la qualité de l’eau dans laquelle elles se développent. La réaction de leur organisme pour se défendre permet par exemple de déterminer la présence de polluants.

En réalité, cela fait près de trente ans que les scientifiques du Laboratoire Interdisciplinaire des Environnements Continentaux (LIEC) de l’Université de Lorraine scrutent la progression des moules d’eau douce en raison notamment des risques industriels qu’elles peuvent engendrer. S’ils sont petits pris individuellement, ces organismes peuvent constituer des grappes énormes. Il y a vingt ans, il y avait tellement de moules dreissènes qu’elles avaient bouché les canalisations de la centrale nucléaire de Cattenom. Ces concentrations assez impressionnantes peuvent également entraîner un nettoyage fréquent des portes écluses des canaux ou endommager les coques des bateaux. Et tout ceci a forcément un impact financier.

Les scientifiques remarquent une baisse de la population de moules dreissènes depuis quelques temps, contrairement à la moule quagga en constante progression. Reste à savoir s’il y a un lien de cause à effet et quelles peuvent en être les conséquences sur les autres espèces aquatiques. Les chercheurs ont enfin constaté que les deux espèces de moules n’avaient pas les mêmes réactions face à certains éléments.

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