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Témoignage : « le Centre Mathilde Salomon de Phalsbourg a fait de moi ce que je suis aujourd’hui »

Témoignage : « le Centre Mathilde Salomon de Phalsbourg a fait de moi ce que je suis aujourd’hui »
Crédits Photo : Stéphane Klein ne veut pas que le Centre Mathilde Salomon de Phalsbourg ferme ses portes (Groupe BLE Lorraine)

Le Centre Mathilde Salomon est au cœur d’une polémique à Phalsbourg. Afin de faire face à une liste d’attente de plus en plus longue, l’établissement doit déménager pour s’agrandir et ainsi doubler sa capacité d’accueil. Mais deux lieux s’opposent : l’ancienne clinique qui appartient au Centre Hospitalier de Lorquin, ce dernier étant prêt à louer les locaux pour un euro symbolique, et la Caserne Taillant qui appartient à la Ville. Le personnel du centre, la Fondation Vincent de Paul, qui doit reprendre la structure au 1er juillet prochain à la place de l’Association de Santé Mentale des Adolescents (ASMA, et l’Agence Régionale de Santé (ARS) soutiennent le projet de déménagement dans l’ancienne clinique. Ce projet reviendrait en effet moins cher et certains membres du personnel connaissent les locaux. Le maire, Dany Kocher, et ses partisans veulent quant à eux que le centre s’installe dans l’ancienne caserne acquise par la Ville comme cela était initialement prévu avant qu’une nouvelle opportunité ne se présente.

Le problème, c’est qu’à partir du 1er juillet, la Fondation Vincent de Paul sera en charge des adolescents mais n’aura pas de locaux à sa disposition. Inversement, l’ASMA, présidée par le maire de Phalsbourg, aura les locaux, mais plus l’autorisation de soigner et de prendre en charge les adolescents. Ubuesque !

Le personnel médical et les ados se mobilisent donc pour faire entendre raison au maire. Si aucun accord n’est signé, le Centre Mathilde Salomon et ses patients seront sans domicile fixe dans deux semaines.

Aidé par le centre lorsqu’il était adolescent en proie à une phobie scolaire, Stéphane Klein, aujourd’hui étudiant de vingt ans, ne veut pas voir l’établissement fermer, afin que d’autres jeunes comme lui parviennent à s’en sortir. Nous avons recueilli son témoignage.

BLE Lorraine : Pourquoi êtes-vous reconnaissant envers ce centre ? Comment a-t-il changé votre vie ?

Stéphane Klein : « Je suis reconnaissant envers ce centre car j’étais phobique scolaire et je ne pouvais plus suivre une scolarité normale. J’étais à la maison et j’avais des cours par correspondance mais cela ne me convenait pas. C’est en effet très dur de comprendre les cours sans professeur. Grâce à ce centre, j’ai pu suivre une scolarité à la carte : j’avais des cours individuels puis une scolarité partielle en classe, pour finir avec une scolarité normale. L’idée était d’y aller progressivement pour m’habituer. J’ai également bénéficié d’un suivi psychologique avec des activités qui m’ont beaucoup aidé à m’ouvrir, à m’accepter, à combattre mes autres peurs. Durant mes quatre années au Centre Mathilde Salomon, de 2011 à 2015, j’ai pu passer mon brevet et mon bac que j’ai eu avec mention bien. Sans cette structure, je serais encore chez moi, sans diplômes, en souffrance et sans issue de secours. »

BLE Lorraine : Pourquoi la phobie scolaire est-elle mal comprise selon vous ? En quoi et comment le Centre Mathilde Salomon permet-il de lutter contre cette maladie, de prendre en charge les adolescents ?

SK : « La phobie scolaire est mal comprise car c’est une maladie qui a du mal à lutter contre les préjugés. On m’a très souvent dit que je n’avais pas peur de l’école, mais que j’étais simplement feignant. C’est pourtant une véritable souffrance. Quand je devais aller en cours, j’avais envie de vomir, je tremblais, je n’arrivais plus à respirer. Les gens ont du mal à comprendre qu’on puisse faire une crise de panique en allant à l’école. Tant qu’elle ne sera pas reconnue comme une maladie, on ne cherchera pas de solutions. Pourtant, c’est une maladie qui touche de plus en plus de gens, on parle souvent de 1% des élèves. Il suffit de voir le nombre de témoignages de parents sur internet qui ne savent pas quoi faire face à cette phobie. Ce centre permet de lutter contre cette maladie car il propose une scolarité à la carte, en fonction des possibilités de l’adolescent à la Cité Scolaire Erckmann-Chatrian à Phalsbourg avec laquelle il est lié. On peut suivre des cours seul avec des professeurs volontaires, ou suivre des cours seulement avec les patients du centre, pour ensuite poursuivre en classe complète. On est accompagné dans la salle de classe et si on se sent mal, on peut sortir de la salle et aller dans un local que possède le centre au lycée pour décompresser. Tout est fait pour que l’adolescent soit soutenu. Le centre est une béquille qui doit ensuite nous aider à marcher seul. »

BLE Lorraine : Pourquoi cette structure est-elle importante pour la ville ?

SK : « Cette structure est importante pour la ville car c’est gratifiant d’accueillir un concept de centre comme celui-ci, qui plus est unique en France et qui fonctionne bien. On peut dire que ce centre porte ses fruits, j’en suis la preuve. Cela permet aussi à Phalsbourg d’être un pôle d’étude sur des maladies psychologiques que l’on connaît peu, à l’image de la phobie scolaire, et de voir comment on peut mélanger le suivi psychologique et la scolarité. Phalsbourg peut servir d’exemple pour que des projets du même type se développent ailleurs en France. Le centre organise enfin souvent des activités qui aident les ados et rendent en même temps la ville vivante comme par exemple des pièces de théâtre ou encore des expositions. »

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1 Commentaire

  1. Groupe BLE Lorraine

    L’Association Santé Mentale des Adolescents (ASMA), gestionnaire du Centre Mathilde Salomon à Phalsbourg, travaillait depuis trois ans avec la Fondation Vincent de Paul et l’Agence Régionale de Santé (ARS) à la reprise de l’établissement par la fondation. Malgré l’opposition du maire et président de l’ASMA, Dany Kocher, cette reprise par la Fondation Vincent de Paul est effective depuis le 1er juillet 2016. C’est donc elle qui gère désormais cet établissement qui s’occupe d’adolescents en difficulté psychologique. Cette fusion-absorption a été votée sur le fil, jeudi 30 juin, peu avant minuit. L’assemblée générale extraordinaire a duré sept heures. Elle a été marquée par des exclusions et des invectives. Au final, cinq personnes ont voté pour l’abrogation des clauses suspensives bloquantes à la fusion. Trois contre. Ouf !

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